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     « Qu'entendez-vous par la Grèce (1) ? demande ironiquement Philippe de Macédoine aux Étoliens quand ceux-ci lui reprochent d'être un roi barbare. Où placez-vous ses limites ? Et vous-mêmes, pour la plupart, êtes-vous grecs? » 
  Ce nom eut la même fortune que celui d'Italie : tous deux voyagèrent d'une extrémité à l'autre de la péninsule qu'ils servirent plus tard à désigner tout entière. Un petit canton de l'Epire, celui de Dodone, s'appela d'abord ainsi ; mais le mot gagna de proche en proche, et s'étendit peu à peu sur la Thessalie, les pays au sud des Thermopyles et le Péloponnèse. Dans la suite, il comprit encore l'Epire, l'Illyrie jusqu'à Epidamne, enfin la Macédoine. Par une autre singularité, le nom de Grèce était inconnu en Grèce : elle se nommait Hellas, le pays des Hellènes, et nous ne savons pas quels motifs ont fait prévaloir le mot ( γραῦς , γραῖχ ) Graecia dans la langue romaine (2). Nous-mêmes nous désignons les peuples d'outre-Rhin par un autre nom que celui qu'ils se donnent, comme les pays qui s'étendent de l'Himalaya au cap Comorin ont été appelés d'un nom d'origine persane, l'Hindoustan. 
     La Grèce est l'une des trois péninsules qui terminent l'Europe au Sud. Si l'on mesurait son étendue au bruit qu'elle a fait dans le monde, elle serait une vaste région ; en réalité, elle est le plus petit pays de l'Europe. Sa superficie, les îles comprises, est loin d'égaler celle du Portugal ; mais ses rivages sont si bien découpés, que leur développement surpasse celui de tout le littoral espagnol. Il n'y a pas de pays au monde qui, à surface égale, présente tant d'îles, de golfes, de péninsules et de ports, et où par conséquent s'accomplisse mieux cette union de la terre et des eaux qui est pour la nature la suprême beauté, et pour l'homme la meilleure condition du progrès social. Aussi la mer a-t-elle été de tout temps la grande route des Grecs, si bien qu'ils n'en ont guère connu d'autres. La forte expression latine struere viam, qui rappelle une des gloires de Rome, ses grandes voies militaires, ne trouverait pas à s'appliquer en Grèce, quoique les prêtres eussent la charge de veiller à l'entretien des routes qui menaient aux sanctuaires nationaux, afin d'en faciliter l'accès (3). Ce fait seul montre la différence profonde des deux peuples : l'un qui a pris possession de la terre par son agriculture, ses routes monumentales, ses forteresses, et y a gagné ses rudes vertus, sa vie grossière, toutes ses victoires et sa domination pesante ; l'autre qui a eu la mer pour domaine, le commerce pour mobile, les arts pour parure et toutes les curiosités de la pensée.

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     Au Nord, la Grèce tient au massif des Alpes orientales, qui l'isolent, par des obstacles presque insurmontables, de la vallée du Danube, la grande route des migrations asiatiques en Europe. Aussi ces invasions ont-elles passé près d'elle sans la toucher, de même qu'elle n'a porté de ce côté ni ses colonies, ni sa civilisation, ni sa langue. Par sa configuration, la Grèce regarde au sud. Elle plonge par trois pointes dans la Méditerranée, presque sous la latitude de Gibraltar et en face d'une des plus fertiles provinces de l'Afrique, la Cyrénaïque. Séparée par la mer de l'Asie, de l'Afrique et de l'Italie, elle s'en rapproche par ses îles. Les Cyclades, qui commencent près du cap Sounion, vont se mêler aux Sporades, lesquelles touchent à l'Asie. Par un temps clair, un navire a toujours la terre en vue. De Corcyre on peut apercevoir l'Italie ; du cap Malée, les cimes neigeuses de la Crète, et de cette île, les montagnes de Rhodes et de la côte asiatique (4) . Deux journées de navigation menaient de la Crète à Cyrène ; il en fallait trois ou quatre pour atteindre l'Egypte. Comment s'étonner que la Grèce ait rayonné bien au-delà de ses frontières maritimes par son commerce, ses colonies et sa civilisation, lorsque, devant elle, s'ouvraient tant de routes où les étoiles d'un ciel habituellement sans nuages guidaient, la nuit, les navires? La géographie prépara l'histoire. Des deux côtés et en face du continent grec, l'antiquité connut : à l'orient, une Grèce asiatique ; à l'occident, une Grèce italienne ; au midi, sur le vaste promontoire, aujourd'hui désert, de la Cyrénaïque, une Grèce africaine (5). Que d'échanges d'idées et de produits entre ces quatre pays, et quelle intensité de vie dans celui qui, placé au centre, était comme le foyer où tous les rayons partis de ce cercle lumineux venaient s'unir en décuplant leur force!

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     Les géologues, qui sont en train d'écrire la grande histoire de la terre, montrent l'Italie et la Grèce méridionale comme les parties de notre continent que la nature a remanié les dernières. (6) Sa terrible puissance y agit encore. Si la Grèce n'a ni le Vésuve ni l'Etna, les yeux des hommes y ont vu des îles surgir du sein des flots bouillonnants ou disparaître dans les gouffres de la mer. Santorin n'est que le bord d'un cratère immense dont le fond se trouve à 400 mètres au-dessous des eaux, mais qui, à plusieurs reprises, a vomi des îles brûlantes. (7) Milo, Cimolo, Thermia, Délos, s'élevèrent au-dessus de l'abîme, en même temps que le Taygète sortit des entrailles du Péloponnèse et que le cap Ténare éleva au-dessus des vagues son front rugueux, que la tempête fouette et déchire.

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     Les anciens Grecs eurent la révélation instinctive de ces grandes révolutions. Ces montagnes entr'ouvertes et aux flancs déchirés, ces rochers entassés au hasard, ces îles où se voit encore la trace des feux qui les formèrent, leur rappelaient la lutte des Titans contre Zeus, les combats des puissances infernales contre les forces célestes ; et, en célébrant les exploits de leurs dieux, ils faisaient l'histoire de leur terre. Écoutez la Théogonie d'Hésiode (8) : « Voilà les Titans, fils de la Terre, qui combattent contre les Centimanes ( Hécatonchires ), fils du Ciel. Autour d'eux, la mer sans bornes mugit avec fracas ; sous leurs pieds, la terre gronde profondément ; le vaste ciel s'agite et gémit ; l'Olympe même tremble jusqu'en ses fondements, et les abîmes du Tartare retentissent du bruit des rochers qui s'écroulent. Zeus déploie alors sa puissance. Des hauts sommets de l'Olympe, il lance des feux étincelants. Les foudres sortaient sans relâche de sa main redoutable. La terre s'embrasa, les vagues de l'Océan roulaient du feu, et des vapeurs étouffantes enveloppaient les Titans. Eblouis par la foudre, les yeux brûlés par l'éclair, ils sont précipités dans les abîmes de la terre. Briarée, Gygès et les autres fils du Ciel les y enchaînent de liens indestructibles ; sur eux reposent les fondements de la mer et des continents, qu'ils essayent parfois d'ébranler encore. »
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Revers d'une monnaie de bronze frappée par l'empereur Maximin à Brusos de Phrigie


     Deux Titans anguipèdes, tenant chacun un quartier de rocher et se donnant la main au moment où ils vont attaquer Zeus.Au-dessus d'eux, on voit le maître des dieux assis sur son trône.

     Cependant ces montagnes forment, en plusieurs points, des chaînes continues. Ce que l'Apennin est pour l'Italie, le Pinde l'est pour la Grèce. Il se détache des Alpes orientales comme l'Apennin des Alpes maritimes, descend au Sud, en séparant l'Illyrie de la Macédoine, l'Epire de la Thessalie, et couvre la péninsule d'innombrables ramifications. Les monts Cambuniens s'appuient, au nord des sources du Pénée, sur cette chaîne centrale et courent droit à l'est, vers les bords du golfe Thermaïque ; où ils se relèvent pour former la masse colossale de l'Olympe : montagne haute de 3000 mètres, qui présente, en beaucoup d'endroits, l'aspect d'une muraille taillée à pic. Au midi, ses pieds baignent dans le Pénée ; de l'autre côté du fleuve se dresse l'Ossa, qui garde longtemps aussi, en été, les neiges de l'hiver.
     Quelque convulsion du globe a violemment séparé les deux montagnes. Leurs flancs déchirés se correspondent, et Poséidon « qui ébranle la terre » pourrait, en les rapprochant, les unir. Des roches énormes pendent encore à demi déracinées, mais, dorées par les rayons du soleil, elles offrent de vives couleurs qui tranchent sur la sombre verdure des bois, et donnent à ces beaux paysages un éclat incomparable. Entre le pied des deux monts, le Pénée s'est frayé une route jusqu'à la mer. Il coule lentement, entre des rives gazonnées qu'abritent d'énormes platanes, l'arbre des fleuves grecs. Mais, sur un espace de cinq mille pas, son bassin n'a souvent que quelques mètres de largeur : c'est la vallée de Tempé, célèbre dans l'antiquité par sa grandeur sauvage. Un petit nombre d'hommes arrêteraient une armée dans cette étroite fissure des monts, le seul passage fréquenté qui menât de Grèce en Macédoine.
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Zeus


     Zeus sur un quadrige au galop, tenant un sceptre et foudroyant les Titans. ( Camée d'une collection inconnue, publié par Charles Lenormant dans la Nouvelle galerie mythologique, pl. IV, fig. 3.)

     Comme les monts Cambuniens ferment la Thessalie par le nord, le mont Oeta la ferme par le sud et se termine aussi, sur le golfe Maliaque, entre des marais et des rochers à pic, par un défilé que l'histoire a rendu fameux, celui des Thermopyles (9) . Le long de la côte, le Pélion se rattache à l'Ossa et, par un chaînon qui contourne le golfe Pagasétique ou de Volo, va rejoindre l'Othrys, qui sépare le bassin du Pénée de celui du Sperchéios. Le Nord de la Thessalie est donc bien ce que l'appelait Xerxès, un vallon qu'il serait facile de noyer sous les eaux, si on leur fermait la seule issue par où elles s'échappent, la vallée de Tempé. 
     Les Grecs avaient trouvé dans cette région quelques-unes de leurs plus gracieuses ou plus terribles légendes, et la moitié de la poésie homérique en était sortie. Cette vallée de Tempé, c'était le bras du fils d'Alcmène ou le trident de Poséidon qui l'avait ouverte. Sur la cime de l'Olympe et de ses neiges presque éternelles, au milieu des nues qui l'enveloppent et que déchire la foudre, s'élevaient les trônes des douze grands dieux. Là les géants avaient combattu les maîtres de l'Olympe et voulu mettre le Pélion sur l'Ossa, pour escalader le ciel ; là les Muses étaient venues aux noces de Thétis et de Pélée prédire la naissance d'Achille et la ruine de Troie. Le laurier d'Apollon croissait d'abord à Tempé (10), et le dieu y avait des autels, « Ἄπλουνι Τεμπείτᾳ » (11) ; sur le Pélion furent coupés les arbres dont on fit le navire Argo, auquel Athéna, donna pour mât un des chênes fatidiques de Dodone, et les héros qui le montaient s'embarquèrent au port thessalien de Pagase. 
     Au Sud de la Thessalie et au Sud Est de l'Epire, la Grèce centrale est couverte d'un inextricable réseau de montagnes qui part du mont Tymphrestos. Une chaîne, qu'on peut regarder comme la continuation du Pinde, descend jusqu'au golfe de Corinthe, entre l'Étolie et la Locride. Une autre se détache de celle-ci dans la Doride, court à l'Est et comprend des monts célèbres : le Parnasse, qui portait Delphes sur ses pentes, et d'où la légende faisait descendre une race nouvelle pour repeupler la Grèce après le déluge de Deucalion ; l'Hélicon, séjour des Muses, qui, disait-on, n'avait jamais produit une plante vénéneuse ; le Cithéron où Oedipe tua Laïos, et qui, réuni au Parnès, couvrait l'Attique contre la Grèce centrale ; enfin, derrière Athènes, le Pentélique, dont un roc détaché portait l'Acropole, et l'Hymette, que le Laurion semble continuer jusqu'au promontoire de Sounion, au sommet duquel se voient, encore debout, quinze colonnes d'un temple écroulé. (12) .
     Cette chaîne, souvent brisée, envoie vers le sud, entre les golfes Saronique et Corinthien, un puissant rameau, qui forme une seconde péninsule à l'extrémité de la première et s'y étale circulairement, de sorte que le Péloponnèse a presque la figure d'un cône tronqué, dont le sommet est à 6 ou 7000 pieds au-dessus de la mer : c'est la hauteur des montagnes autour de l'Arcadie (13) Au Nord, sur la frontière de l'Achaïe et de l'Élide, l'Erymanthe, où Héraklès accomplit un de ses douze Travaux, s'élève à 2259 mètres ; à l'est, près de Sparte, le Taygète en a 2567, et, vu du golfe de Messénie, dont il n'est éloigné à vol d'oiseau que de 4 kilomètres, il s'élève majestueusement dans les airs ; aussi les Grecs le croyaient-ils une des plus hautes cimes du monde. 
     Par cette disposition de ses montagnes, la Grèce est, si j'ose dire, un piège à trois fonds. Les monts Cambuniens et l'Olympe s'élèvent au nord, comme une première barrière. Si ce difficile obstacle est franchi ou contourné (14), l'assaillant sera arrêté par l'Oeta, aux Thermopyles, et enfermé dans la Thessalie. Ce passage encore forcé, la Grèce centrale n'est plus défendue, parce que les hauteurs n'y forment point une chaîne continue ; mais la résistance peut reculer jusque vers l'isthme de Corinthe, où elle trouve de nouveau, excepté sur l'isthme même, une formidable position : des montagnes d'accès difficile ne laissant, entre leurs flancs abrupts et la mer, que deux routes dangereuses suspendues au-dessus des flots. 
     Les eaux intérieures de la Grèce pouvaient être également fermées aux navires des peuples anciens sur trois points : au Nord de l'Eubée, pour couvrir les Thermopyles ; près de l'Euripe (15), pour défendre les approches de l'Attique ; dans le détroit de Salamine, pour protéger l'isthme de Corinthe.
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Gorge de l' Érymanthe

     La mer se trouvant partout à une faible distance des montagnes, la Grèce n'a que des cours d'eau peu étendus. Les plus considérables sont le Pénée et l'Achéloos (130 à 175 kilomètres de longueur) ; presque tous ont le caractère capricieux des torrents. Les pluies d'automne et d'hiver, tombant sur des montagnes décharnées, descendent rapidement vers les vallées qu'elles inondent.
     Avec l'été arrive la sécheresse, car le schiste et le calcaire siliceux des montagnes, ayant peu absorbé, ne rendent rien ; les sources s'épuisent, et le fleuve, naguère furieux, n'est plus qu'un ruisseau caché sous les lauriers-roses, quand il n'est pas un torrent desséché. Plusieurs de ces fleuves, l'Eurotas, l'Alphée, le Styx et le Stymphale, poursuivent sous terre une partie de leur cours ; l'Alphée allait même plus loin. Le Fleuve aimait la nymphe Aréthuse, qui avait fait jaillir une source limpide dans l'île d'Ortygie. Touché de cet amour, le dieu de la mer d'Ionie laissait l'Alphée traverser les flots amers et mêler ses eaux pures à celles de la nymphe sicilienne.
     La Grèce véritable ne dépasse point, au nord, le 40e degré de latitude. A ce point, le climat, parfois rigoureux, arrête le myrte, l'olivier et la flore méridionale, qui s'épanouit plus au sud. Comme l'habitant de ces régions plus froides avait d'autres cultures et d'autres besoins, l'histoire y trouve d'autres moeurs et d'autres idées : c'est la Macédoine, qui ne put se faire comprendre dans le corps hellénique qu'au temps où ce corps se mourait ; à côté d'elle, l'Illyrie, qui, n'ayant ni ports sur ses rivages ni plaines dans ses montagnes, par conséquent sans beaucoup de cultures et sans commerce, resta toujours barbare.
     De l'Olympe au cap Ténare, les montagnes, couvrant la majeure partie de la Grèce, lui donnent une grande variété de climats et de productions. Les flancs des monts, les chaudes vallées qu'ils abritent, les côtes qui reçoivent les tièdes effluves de la mer, offrent, à de courts intervalles, une végétation différente. Tandis que les essences de nos bois couvrent le Pinde, le palmier qui balance, en quelques endroits des Cyclades, son gracieux panache de verdure, mûrit à peu près ses dattes en certains points de la Messénie, et le citronnier, l'oranger, importés sur les côtes de l'Argolide, y forment des forêts. La nature n'exerce donc pas en ce pays l'influence despotique qui, en d'autres contrées, condamne l'homme à une vie uniforme et aux mêmes pensées. Sur cette terre variée et sur sa mer hospitalière, le Grec a trouvé cet esprit alerte et curieux qui a voulu tout savoir et qui a su tout exprimer.
L' Achéloos, sur une monnaie de Thyrrhaeon en Acarnanie.


     Le génie du fleuve est représenté avec une tête de taureau à face humaine; derrière, un nom de magistrat : ΜΕΝΑΝΔΡΟΣ. Le revers de cette pièce représente un Apollon assis, tenant son arc. ( pièce en argent)

Pour l'explication de cette monnaie,voy. Histoire des Romains, Duruy, t. I, p. 480, n° 2.
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     (1) - Principaux ouvrages à consulter: pour l'antiquité, Strabon et Pausanias; parmi les modernes: Poucqueville, Voyage en Grèce; Choiseul-Gouftier, Voyage pittoresque en Grèce ; Dodwell, Travelt in Greece; Gell, Itin. of Greece, Journey in the Morea; colonel Leake, Morea et Northern Greece (1850-5); Cousinéry, Voyage dans la Macédoine (1851) ; l'Expédition scientifique de Morée, avec les excellents travaux géographiques de Puillon Boblaye que cette publication renferme. Voyez aussi l'Atlas de Kiepert et le tout récent ouvrage de C. Neumann et Partsch, Physikalische Géographie von Griechenland mit besondercr Riicksiclit auf das Alterllmm, Breslau 1885. Mais, à ces travaux géographiques, il est indispensable de joindre ceux des membres de l'École d'Athènes, qui les complètent ou les rectifient, et qu'on trouvera dans les Archives des missions littéraires ou dans leurs publications particulières. L'École continue, par son Bulletin de Correspondance hellénique, à nous tenir au courant de toutes les découvertes qui se font en Grèce.ʀ↥
     (2) - Le mot Grec paraît signifier vieux : γραῦς , γραῖχ ; Fréret (Observations sur l'origine des premiers habitants de la Grèce, p. 87) donnait le même sens au mot Pélasges. Les deux noms de Grec et d'Hellène étaient, suivant Aristote (Météorologie, I, 14), originaires des environs de Dodone et des bords de l'Achéloos, contrée à la fois couverte de marécages et de montagnes : Ὲλλἁς ἡ ἀρχαῖα δ' ἐστὶν ἡ περὶ τὴν Δωδώνην καὶ τὸν Ἀχελῷον........ὤκουν γὰρ οἱ Σελλοὶ ἐνταῦθα καὶ οἱ καλούμενοι τότε μὲν Γραϊκοί, νῦν δὴ Ἒλληνες. Le nom de Grecs, que gardèrent sans doute plusieurs peuplades de l'Épire, fut étendu par les Italiens aux Hellènes placés derrière elles, de la même manière que nous avons donné aux Germains le nom d'Allemands, qui n'appartient qu'aux peuples de la Souabe, les Alamanni, avec qui nos populations gallo-franques eurent les premiers rapports. Les Romains ont fait de même pour les Rhasénas, qu'ils appelaient Etrusci ou Tusci. Les prêtres de Zeus à Dodone sont appelés Ζελλοί par Homère ( Iliade, XVI, 234), et Ἑελλοί par Pindare, ce qui est le même mot.ʀ↥
     (12) - Altitude des principales montagnes de la Grèce : l'Olympe, 2985 mètres; l'Ossa, 1955; le Pélion, 1618; les monts Cambuniens,1000 à 1500; le Pinde, 2100; les monts Acrocérauniens, 2025; le Tymphrestos, 2519; en Étolie, 2495 et 2512; le Callidrome, 1574; les plus hauts sommets du Parnasse, qui gardent huit mois de l'année les neiges de l'hiver, 2459 ou 2517; le Cithéron, du côté d'Élatée, 1411; la route de Platée à Mégare s'élève à 856; celle de Platée à Athènes, à 585; le Parnès, 1415; sur les trois routes conduisant de l'Attique en Béotie et à l'Euripe, que défendaient les forteresses Panacton, Phylé et Décélie, on a mesuré des altitudes de 727, 700 et 688; le Pentélique, 1110; l'Hymette, 1027 ; le Laurion, 557; le Lycabette, 277 ; l'Acropole, 154 ; le Muséion, 147 ; la colline de l'Aréopage, le Pnyx et la colline des Nymphes, 80 à 100.ʀ↥

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deuxième partie chapitre 1.

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