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     Ce furent là ses douze travaux, mais il en accomplit bien d'autres dans ses longs voyages à travers l'Asie, l'Afrique et l'Europe. Il délivra Hésione, soeur de Priam, qu'un monstre marin, envoyé par Poséidon, allait dévorer, prit Troie, tua, sur l'Aventin, le brigand Cacos et, en Libye, Antée, qu'il étouffa en l'enlevant dans ses bras puissants ; car, chaque fois qu'il terrassait le géant, il l'avait vu retrouver de nouvelles forces en touchant la Terre, sa mère. Il extermina les Centaures, délivra Alceste des mains de la Mort et Prométhée du vautour qui lui rongeait le foie ; il aida Atlas à porter le ciel, et ouvrit le détroit que bornent les colonnes d'Héraklès. Exilé pour un meurtre, il fut vendu 3 talents en Lydie par Hermès et fila aux pieds d'Omphale. De retour en Grèce, il secourut les Doriens contre les Lapithes, s'empara des Etats d'Amyntor, roi d'Orchomène, et tua le roi d'Oechalie avec tous ses enfants, à l'exception d'Iole. A la vue de cette belle jeune fille, Déjanire, femme d'Héraklès, comprit qu'elle allait perdre l'amour de son époux; pour le retenir, elle lui envoya, suivant le perfide conseil de Nessos, une tunique teinte du sang du Centaure et imprégnée du venin de l'hydre de Lerne. Dès que le héros s'en est revêtu, un feu secret et terrible le dévore. Il veut l'arracher, sa chair tombe en lambeaux ; vaincu par le mal, il se fait dresser un bûcher au sommet de l'Oeta et y monte, après avoir confié ses flèches à Philoctète. C'était la dernière épreuve. Les dieux reçoivent dans l'Olympe le héros purifié par la douleur et l'amour, et lui donnent la jeune Hébé pour sa compagne immortelle.

 
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     Les exploits de Bellérophon et de Persée ont surtout l'Orient, pour théâtre ; la légende d'Héraklès est plus nationale, bien que le héros porte par tout le monde alors connu sa force invincible, et que le Tyrien Melkart n'ait pas peu contribué à enrichir son histoire ; celle de Thésée est presque exclusivement grecque.
      Ce héros, fils d'Egée ou de Poséidon, naquit à Troezène, au milieu des Achéens. Egée avait placé son épée et sa chaussure sous une énorme pierre. A seize ans, Thésée se trouva assez fort pour enlever ces signes qui devaient le faire reconnaître de son père, mais il ne voulut se montrer à Athènes qu'après s'être rendu digne du trône par ses exploits. Des brigands infestaient l'Argolide, l'isthme de Corinthe et l'Attique : Sinis, qui attachait les étrangers tombés dans ses mains à deux pins courbés en sens contraire, puis laissait les arbres se redresser et déchirer les victimes ; Sciron, qui les précipitait du haut des rochers dans la mer (3) ; Cercyon, qui les forçait de lutter avec lui et les tuait quand il les avait vaincus ; Procruste, qui les attachait sur un lit de fer, coupant les extrémités à ceux qui en dépassaient la mesure, allongeant avec des courroies ceux dont les membres étaient trop courts. Thésée les tua, et, arrivé enfin à Athènes, il se fit reconnaître d'Egée, malgré la magicienne Médée, qui, répudiée par Jason, s'était réfugiée dans la cité d'Athéna, sur un char attelé de serpents ailés.
      Dans l'Attique, le héros trouva encore à montrer sa force et son courage ; il vainquit les Pallantides, qui voulaient dépouiller son père, et prit vivant le taureau qui désolait les plaines de Marathon. Athènes payait à la Crète un tribut de sept jeunes filles et de sept jeunes garçons, que le Minotaure dévorait. Thésée s'offrit à être du nombre des victimes. A l'aide du fil qu'Ariane lui donna, il pénétra dans le labyrinthe de Dédale, tua le monstre (4) et revint, avec Ariane, qu'il abandonna dans l'île de Naxos. Il avait oublié d'ôter à son vaisseau les voiles noires qu'il portait au départ ; Egée, à la vue de ce signe de deuil, crut son fils mort et se précipita dans la mer qui prit son nom. Thésée hérita de son pouvoir et donna de sages lois à l'Attique. Il institua des fêtes en l'honneur d'Athéna et d'Apollon, et, chaque année, le navire qui l'avait ramené de la Crète porta des offrandes à Délos. Entretenu avec un soin religieux, ce vaisseau, sans cesse réparé et toujours le même, vécut des siècles. Mille ans plus tard, il conduisait encore à Délos la théorie sacrée.
Thésée.

     Tête de Thésée, coiffé comme Héraklès de la peau de lion ; en légende : ΘΗCEA. NIKAIEΩΝ. (Revers d'une monnaie de bronze frappée à l'effigie de Caracalla, à Nicée de Bithynie.)
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     Cependant le goût des aventures rejeta Thésée dans la vie errante. Il prit part à la chasse du sanglier de Calydon et à la conquête de la toison d'or : il combattit les Amazones sur les bords du Thermodon, enleva Hélène et voulut aider son ami Pirithoos à ravir Proserpine. Mais Pirithoos fut mis en pièces par Cerbère, et Thésée, retenu aux Enfers, ne fut délivré que par Héraklès. Rentré dans Athènes après deux ans d'absence, il reçut les plaintes de Phèdre contre Hippolyte et prononça sur son fils innocent des malédictions que Poséidon entendit : un monstre marin, sorti des flots, effraya les coursiers du jeune prince qui, renversé de son char et embarrassé dans les rênes, expira, déchiré par les rocs où ses chevaux furieux le traînaient. Dès lors tout se tourne contre Thésée. Malgré ses services, le héros perd l'amour du peuple ; les Athéniens le chassent, une tempête le repousse de la Crète sur l'île de Scyros, et le roi de cette île le fait périr en trahison. Cimon rapporta plus tard ses cendres, et les Athéniens l'honorèrent comme un demi-dieu.
     Il y a peu à prendre pour l'histoire dans les légendes de Bellérophon et de Persée, si ce n'est comme un écho d'anciens rapports entre l'Argolide et les pays à l'orient et au sud de la Grèce. Dans celle d'Héraklès, il y a certainement des faits historiques ; mais comment les détacher du merveilleux qui les enveloppe, comment faire la part des temps et des peuples qui, chacun, ont apporté leur tribut pour augmenter la gloire et les travaux du héros par excellence? Homère le connaît mal, mais les poètes cycliques en savent bien long sur lui. D'abord il faut reconnaître plusieurs Héraklès : le héros grec et le dieu phénicien ; celui-ci accomplit les voyages autour de la Méditerranée ; il est le soleil ou le représentant du peuple navigateur dont les comptoirs couvrirent les côtes de l'Afrique, de l'Espagne et de la Gaule. Dans le héros grec il y a plusieurs personnages. L'un, celui qui brise les rochers et qui détourne les fleuves, qui fend les montagnes pour faire écouler les eaux et qui détruit les bêtes féroces, appartient au temps de la civilisation primitive, aux premiers efforts d'une société naissante contre le monde matériel, même à l'imagination de tous les vieux peuples qui, dans leurs théogonies, aiment à placer un dieu exterminateur des monstres.
      L'autre qui, à la tête de compagnons dévoués, défend le faible contre le fort, punit les tyrans, renverse les oppresseurs et fait don de leurs royaumes aux braves, était d'un âge moins reculé, de l'époque où les tribus helléniques se disputaient la possession de la Grèce. Enfin on pourrait encore distinguer l'Héraklès thébain, qui apparaît comme un chef puissant, comme un conquérant invincible, et l'Héraklès de Mycènes, soumis, on ne sait pour quelle cause, au capricieux vouloir de son cousin Eurysthée.
      Mais pourquoi chercher de l'histoire là où ne se trouve que de la poésie légendaire, enrichie de nouveaux détails à chaque nouvelle génération de poètes, même de philosophes? Ceux-ci mêlèrent des idées purement mythiques à des récits d'aventures humaines, et Héraklès devint la personnification d'agents physiques, de forces morales et d'idées astronomiques (6). Ainsi il fut le héros sauveur, luttant sans relâche pour le salut du monde. En Béotie, on l'honora comme le dieu qui chasse les maux (ἀλεξίκακος) et qui donne la santé (σωτήρ). Il fut la source de la vie et de la force, l'air pur et l'atmosphère lumineuse. Tandis que les uns ne voyaient en lui que le vaillant à qui nul et rien ne résistaient ; d'autres, dans l'âge postérieur, firent de lui l'idéal de la perfection humaine et, de sa vie entière, une passion soufferte pour le salut du genre humain. (7)
     Héraklès fut alors l'homme divin sur lequel tous les autres devaient prendre exemple. De là l'allégorie fameuse que Prodicos nous a conservée : cette apparition au fils d'Alcmène, prêt à débuter dans la vie active, de deux femmes, l'une majestueuse et sévère, c'est la Vertu ; l'autre riante et douce, c'est la Volupté. Chacune s'efforce de l'attirer à soi et de lui faire prendre la route qu'elle suit. Il se décide pour la première.
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Héraklès thébain.

     Tête d'Héraklès imberbe, coiffé de la peau de lion, à droite, ʀ). ΠYPPI... (nom de magistrat). La massue d'Héraklès et le bouclier béotien. (Monnaie de Thèbes. Bronze.)

     Thésée est resté un homme, un héros. Malgré sa naissance à Troezène et sa jeunesse passée dans l'Argolide au milieu des Achéens, il semble personnifier une époque de puissance que l'Attique aurait eue avant sa grande histoire. La légende qui conduit Héraklès dans tous les pays de la Grèce ne lui donne rien à accomplir dans cette province. Les Athéniens s'en dédommagèrent en faisant de Thésée le héros de l'Attique, comme Héraklès était celui des peuples de l'Argolide et, de la Béotie, par son origine et celui des Doriens, qui prirent ses fils pour chefs et eurent toujours des Héraclides pour rois. On verra plus loin, au commencement du chapitre IX, les institutions qu'on attribue à Thésée.
     Si l'on voulait passer en revue tous les personnages des temps héroïques, on trouverait encore : à Mycènes, les Pélopides Atrée et Thyeste, et leur sanglant festin ; à Sparte, Tyndare et Léda, qui fut aimée de Zeus et donna le jour aux Dioscures Castor et Pollux, fameux par leur amitié fraternelle, et à leurs soeurs Hélène et Clytemnestre, beautés fatales ; dans Egine, Eaque, le plus juste des mortels, et ses fils Télamon et Pelée, moins illustres l'un et l'autre que leurs enfants, Ajax et Achille ; à Corinthe, le rusé Sisyphe, qui enchaîna la Mort et trompa Hadès en s'obstinant à vivre une seconde fois, quand le dieu lui eut permis de revenir pour quelques jours sur la terre, et Pyrène, la mère inconsolable dont les larmes avaient formé la source de l'Acrocorinthe ; à Sicyone, la plus antique race royale ; en Arcadie, Atalante, la hardie chasseresse qui devançait à la course les plus rapides des Grecs et les tuait après les avoir vaincus. Elle fut cependant vaincue elle-même par Hippomène, qui, pour ralentir la course de la vierge indomptable, jeta devant elle trois pommes d'or du jardin des Hespérides, qu'Aphrodite lui avait données.
Ajax relevant le corps d'Achille.

     Ajax, casqué, armé de la lance et du bouclier, se penche pour relever Achille, qui s'affaisse devant lui. (Pierre gravée du Cabinet de France. Améthyste de 15 mill. sur 12. Chabouillet, Catalogue, etc., № 1818.)
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Atalante.

     Atalante combattant le sanglier de Calydon, qu'elle perce de sa lance ; derrière le sanglier, un arbre. A l'exergue, la légende : TEΓEA. (Revers d'une monnaie de bronze frappée à l'effigie de Julia Domna, à Tégée d'Arcadie.)

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     Les traditions plaçaient encore à Pylos le sage Nestor, fils de Nélée, échappé seul au massacre fait par Héraklès de tous les siens ; dans l'Attique, Erechthée, qui, pour obtenir une victoire, immola ses trois filles, victimes volontaires ; Céphale, l'amant de l'Aurore, et Orithye que Borée enleva, comme elle jouait avec ses compagnes sur les bords de l'Ilissos. Dans l'Étolie, c'est Méléagre, qui tua le sanglier de Calydon envoyé par Artémis pour désoler le pays, et Tydée, père de Diomède ; dans la Thessalie, Pirithoos et la lutte, tant de fois reproduite par les artistes grecs, des Lapithes et des Centaures ; dans la Phthiotide, Pelée, avec son fils Achille, né de Thétis, une des Océanides, et le centaure Chiron, qui connaissait tous les simples des montagnes et savait lire la destinée des hommes dans les étoiles, au milieu desquelles, après sa mort, il alla former la constellation du Sagittaire ; enfin, à Phères, Admète, qui dut offrir à son beau-père Pélias, en présent de noces, un char attelé d'un lion avec un sanglier sauvage (9), et dont la femme, Alceste, se dévoua volontairement à la mort pour lui conserver la vie.
     Pour raconter les légendes relatives à tous ces personnages, l'espace me manquerait ; mais deux d'entre eux, Castor et Pollux ont droit à quelques détails, car ils ont joué un grand rôle dans la plastique grecque et romaine. Homère ne voit en eux que des hommes, l'un dompteur de chevaux, l'autre invincible au pugilat, et il ne les amène pas devant Troie, « parce que la terre renfermait déjà, dans Lacédémone, les deux héros ». Du chantre d'Achille à celui des vainqueurs aux jeux nationaux, la légende s'est développée ; dans sa dixième Néméenne, Pindare donne leur histoire : Castor, né de Tyndare, était mortel ; Pollux, né de Zeus, pouvait jouir de l'immortalité des dieux. Le premier ayant été tué dans un combat, le second voulut mourir avec lui. « Il implore le fils de Cronos : O mon père! fais, dieu puissant! que la Mort m'enlève avec lui... » Le dieu répondit : « Je te laisse le choix. Veux-tu habiter l'Olympe avec Athéna et Arès à la sombre lance, ou aimes-tu mieux te dévouer pour ton frère? Si tu es résolu à partager tout avec lui, tu vivras la moitié du temps sous la terre, l'autre moitié dans les palais d'or du ciel. » Pollux accepta ce partage. D'autres légendes représentaient les Dioscures, comme les protecteurs des marins, les gardiens des lois de l'hospitalité et des règles des jeux gymniques : Castor était par excellence le dompteur des chevaux, et Pollux le maître des pugilistes. On leur donnait aussi un caractère guerrier : les rois de Sparte emportaient à la guerre leur image, et les Romains prétendirent les avoir vus dans leurs rangs au grand combat du lac Régille (Hist. des Rom. t.I, p.55). Ces divinités secourables, θεοὶ σωτῆρες, étaient très populaires, et leurs temples nombreux. Durant l'expédition des Argonautes, ils avaient sauvé les héros en apaisant une tempête ; et l'on avait vu, à ce moment, une étoile briller sur leur tête. Aussi mettait-on leur séjour au ciel dans la constellation des Gémeaux.
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     Les poètes ont réuni presque tous les chefs de la Grèce héroïque dans quatre entreprises fameuses, les deux guerres de Thèbes, l'expédition des Argonautes et la guerre de Troie. Le roi thébain Laïos, effrayé par des oracles sinistres, avait fait exposer son fils Oedipe sur le mont Cithéron. Des pâtres recueillent l'enfant et le portent à Corinthe, où le roi Polybe, dont le mariage a été stérile, l'adopte et l'élève comme s'il était né dans sa maison. Arrivé à l'âge d'homme, Oedipe apprend qu'il doit être fatal à tous les siens. Pour fuir sa destinée, il s'éloigne en toute hâte de Corinthe et de ceux dont il se croit le fils. Dans les montagnes de la Béotie, il rencontre un vieillard qui, d'une voix impérieuse, veut l'écarter de sa route ; une querelle s'engage, et le vieillard tombe mortellement blessé. Oedipe arrive à Thèbes. Un monstre, tête et poitrine de jeune fille, corps de lion, ailes de l'aigle, avec ses puissantes serres, le Sphinx, monstre venu d'Orient, est aux portes de la ville, proposant aux passants ses indéchiffrables énigmes, et mettant en pièces ceux qui ne les peuvent deviner.
     Créon a promis la main de sa soeur Jocaste, veuve de Laïos, à celui qui débarrasserait la cité de ce terrible voisinage. Oedipe tente l'aventure : il trouve le sens de l'énigme, et le monstre vaincu se précipite du haut des rochers et meurt. Oedipe, époux de Jocaste et roi de Thèbes, devient ainsi le meurtrier de son père, le mari de sa mère, le frère de ses enfants.
     Instrument innocent d'une fatalité implacable, il en est aussi la victime. 
     Une peste décime la ville ; Oedipe cherche, en consultant les dieux, à savoir quel est le moyen d'apaiser leur colère et de sauver son peuple. Il apprend avec épouvante que les Thébains sont punis à cause de ses crimes, qu'il connaît alors pour la première fois. Jocaste ne veut pas survivre à l'horrible révélation : elle s'étrangle, et celui qui est à la fois son fils et son époux se condamne lui-même à perdre la lumière. Il s'arrache les yeux, puis abandonne ce palais souillé. Accompagné de sa fille Antigone, qui guide pieusement ses pas, il erre longtemps en divers pays, objet d'effroi pour tous ceux qui le rencontrent et partout repoussé dès qu'il est reconnu, il arrive enfin, après de longues misères, à Colone, près d'Athènes, « la seule ville, dit le poète, qui soit secourable à l'étranger. » (12)
     L'oracle lui avait annoncé qu'il ne trouverait de repos qu'auprès des Euménides, les déesses des vengeances divines. A Colone, un bois leur était consacré. Oedipe pénètre, malgré les larmes de sa fille, dans l'enceinte redoutable et supplie les déesses « vénérables et terribles » d'accomplir la parole qu'Apollon a prononcée sur lui : « Je vous invoque, douces filles des antiques ténèbres, et toi, cité qui porte le nom de Pallas, noble Athènes ; ayez pitié d'Oedipe ou de ce qui reste de lui. » Les dieux exaucent sa prière : la foudre éclate et il disparaît. Thésée seul connaît le lieu de sa sépulture, et les chefs du gouvernement athénien se transmettront mystérieusement ce secret redoutable auquel les dieux ont attaché la fortune de la ville. (Sophocle, Oedipe à Colone, 1518-19) 

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     Cependant ses deux fils, Etéocle et Polynice, se disputaient son trône ; le dernier, chassé par son frère, se retira auprès d'Adraste, roi d'Argos, qui lui donna une de ses filles en mariage et le ramena sous les murs de Thèbes, avec une armée commandée par sept chefs illustres (1214?). Ménécée, fils de Créon, sauva la ville en se livrant volontairement à la mort, pour offrir à Arès le sang royal que le devin Tirésias demandait en son nom. Tous les chefs, race impie, périrent, à l'exception d'Adraste qui échappa aux Thébains victorieux grâce à son coursier Arion, que Poséidon avait fait sortir de la terre d'un coup de son trident. Capanée, un d'eux, avait osé braver Zeus, et le dieu l'avait frappé de la foudre ; sa femme Evadne, pour ne pas lui survivre, se jeta, comme une suttie hindoue, sur le bûcher où l'on brûlait le corps de son époux.  
     Thèbes aussi perdit son roi, victime de la fatalité qui poursuivait la race des Labdacides. Quand le choeur des jeunes thébaines avait voulu empêcher Etéocle d'aller au combat, il lui avait répondu : « Depuis longtemps les dieux nous ont rejetés. Notre sang est la seule offrande qui leur plaise : le Destin le veut. Pourquoi le tromperai-je par de lâches complaisances ? » (14) Il s'était précipité hors des portes, et le double fratricide, préparé par les imprécations d'Oedipe, s'était accompli. Les deux frères s'étant tués en combat singulier, la couronne resta à leur oncle Créon, qui défendit de donner la sépulture aux morts. Antigone osa enfreindre cet ordre barbare ; le tyran la fit mourir (15); mais Thésée, gardien et vengeur des lois morales, déclara la guerre à Créon et le tua. Plus tard, les fils des sept chefs, les Épigones, marchèrent contre Thèbes (XII eme siècle?) et la prirent après de sanglants combats. Laodamas, fils d'Etéocle, fut tué, ou s'enfuit en Thessalie avec une partie des Thébains, et Thersandre, fils de Polynice, régna sur Thèbes désolée. La terrible légende s'arrête ici. Tirésias, qui en avait prédit les épouvantables incidents, finit avec elle ; il avait vécu sept âges d'homme. 
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     (11) - Bas-relief d'un sarcophage de la villa Albani, d'après Zoega, li Bassirilievi di Roma, 1,tav. XLIII. - Le bas-relief comprend trois scènes distinctes correspondant à trois moments successifs de ce drame plus d'une fois représenté sur les sarcophages : 1° l'arrivée d'Admète ; 2° les derniers moments d'Alceste ; 3° la descente d'Alceste aux enfers. - 1° Admète, vêtu d'une chlamyde, apprend d'un vieillard que son épouse va rendre le dernier soupir. A ses côtés sont deux de ses compagnons armés d'une lance; derrière lui est un groupe de deux femmes dont l'une semble retenir les sanglots de l'autre. Cf. un sarcophage d'Ostie dans Gerhard, Antike Bildwerke, pl. XXVIII. et Histoire des Romains, t. IV, p 77 ; et un sarcophage de Saint-Aignan dans la Gazette archéol., I (1875), pl. XXVII qui représentent le même sujet. - 2° Alceste mourante est étendue sur un lit aux pieds duquel s'appuient ses deux enfants, sa fille et son fils, en proie à la plus vive douleur. Elle remet à un vieillard les tablettes qui renferment ses dernières volontés : ce vieillard n'est autre que le pédagogue, et dans les deux femmes qui se penchent sur le lit, on peut reconnaître la nourrice et une des servantes d'Alceste. - 3° La dernière scène est, sur le sarcophage de la villa Albani, moins complète que sur les deux monuments cités plus haut. Elle ne comprend que deux personnages : Hermès entraînant Alceste aux enfers.ʀ↥
     (17) - Peinture de vase, signée d'Asstéas, d'après le Bullett. archeolog. Napolet., N. S., VII, tav. III. - Phrixos et Hellé ([Ἕλ]ΛΕ) traversent la mer sur le bélier qui doit les sauver. La mer est indiquée au-dessous d'eux, dans la partie du vase que ne reproduit pas notre gravure, par un triton, par Scylla et par des poissons : au-dessus brille le soleil, dont, on voit le disque radié. Phrixos se tient de la main droite aux cornes du bélier : du bras gauche il tient sa soeur enlacée. Celle-ci a le bras droit passé sur les épaules de son frère, et de la main gauche retient son voile qui flotte au vent. Elle penche la tête en arrière, tandis que Phrixos regarde derrière lui. Devant le bélier, Néphélé (NEΦE[λη]) protège la fuite de ses deux enfants : du corps de la déesse des nuages, on ne voit que la partie supérieure. Elle tient déployé son manteau comme pour dérober les fugitifs à la vue de leurs persécuteurs.ʀ↥


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