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     L'expédition des Argonautes nous mène aux confins, non seulement de la Grèce, mais du monde connu des Hellènes. La renommée avait répandu au loin le bruit des immenses richesses d'Eétès, roi de la Colchide, et la poésie les avait symbolisées sous la forme d'une toison d'or consacrée à Arès et gardée par un dragon ; c'était la dépouille du bélier que Zeus avait donné à Phrixos et à Hellé pour fuir le courroux de leur père Athamas. En passant, portés par lui, le détroit qui sépare l'Europe de l'Asie, Hellé se laissa choir dans la mer qui garda son nom ; Phrixos parvint en Colchide, immola le bélier à Zeus et en donna la toison au roi du pays. Elle devint comme le Palladion de la Colchide, le gage de sa richesse et de sa grandeur. Jason, fils du roi d'Iolcos, Eson, que son frère Pélias avait privé du trône, se proposa de reconquérir la précieuse toison. Il arma le navire Argo, dont Athéna dirigea la construction; le mât, fait d'un chêne fatidique de Dodone, rendait des oracles. Cinquante guerriers le montèrent ; les plus illustres furent : Héraklès, qui abandonna l'expédition ; Thésée, Pirithoos, Castor et Pollux, Méléagre, Pelée, le poète Orphée qui, par ses chants aimés des dieux, bannissait la discorde, et le médecin Esculape, fils d'Apollon, à qui aucun mal ne pouvait résister. Le Phénicien Phinéos, qui gardait l'entrée de l'Hellespont, leur révéla la route à suivre : entendez que les Phéniciens avaient précédé les Grecs dans ces mers et qu'ils connaissaient les richesses qu'on pouvait trouver sur leurs bords. 
     « Lorsqu'ils eurent, dit Pindare (2), levé l'ancre qu'ils suspendirent au-dessus de l'éperon du navire, le chef de tant de héros, debout sur la poupe, une coupe d'or dans la main, invoque Zeus qui brandit la foudre, puis les vents impétueux, les flots rapides, et il leur demande des nuits sereines et les routes de la mer, des jours heureux et la douce destinée du retour. Du sein des nues embrasées, le tonnerre lui répond par des éclats propices, et les héros respirent, confiant dans les signes du dieu. Le devin crie de laisser tomber les avirons ; leurs bras infatigables impriment aux rames un mouvement rapide, et ils se lancent sur les routes humides. »(3) Au départ de la flotte athénienne pour la Sicile, les mêmes cérémonies s'accompliront, et Scipion, en quittant Syracuse pour aller détruire Carthage, les renouvellera.
     Après maintes aventures, Jason arrive en Colchide et gagne l'affection de la fille du roi, Médée, puissante magicienne, pour qui les plantes n'ont point de secret. Elle lui révèle tous les périls qui l'attendent, mais lui enseigne les moyens d'en triompher. Aidé de son art redoutable, il saisit et dompte sans peine deux taureaux aux pieds et aux cornes d'airain qui vomissaient des flammes ; il les attelle à une charrue d'acier, enfonce dans leurs vastes flancs l'aiguillon douloureux et laboure quatre arpents d'un champ consacré à Arès. Des dents d'un dragon, qu'il sème, naissent des hommes armés qui l'attaquent ; mais il jette une pierre au milieu d'eux, et ils tournent leurs armes contre eux-mêmes. Jason s'approche alors du monstre qui gardait la toison merveilleuse ; il l'endort à l'aide d'un breuvage magique, le tue et ravit le trésor. Médée le suit sur son navire ; mais, pour échapper à l'ardente poursuite d'Eétès, les Argonautes prennent une route nouvelle ; ils remontent par le Phase jusqu'au fleuve Océan qui enveloppe comme un anneau immense le disque de la terre, côtoient les rivages de l'Orient, et, par le Nil, rentrent dans la Méditerranée.
Le navire Argo.

     Le navire Argo dans lequel se voient cinq rameurs ; revers d'une monnaie de bronze à l'effigie de Gordien le Pieux, frappée à Magnésie d' Ionie. On lit en légende rétrograde : APΓΩ MAΓNHTΩN.
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     D'autres récits conduisaient les hardis navigateurs au nord et à l'ouest dans la région fortunée où les Macrobiens vivaient douze mille siècles sans infirmités ; dans celle des Cimmériens qu'enveloppaient des ténèbres éternelles ; enfin dans la mer de glace et l'Océan occidental jusqu'aux colonnes d'Héraklès. Ceux qui s'efforçaient de rapprocher la légende de l'histoire leur faisaient seulement remonter le Danube, d'où, en traînant leur navire, ils passaient dans l'Adriatique, puis dans le fleuve Éridan, dans le Rhône et la mer de Toscane. Circé, l'enchanteresse, si fatale plus tard aux compagnons d'Odysseos, secourt, au contraire, ceux de Jason ; les Néréides soulèvent de leurs mains le vaisseau pour lui faire traverser le dangereux détroit de Charybde et de Scylla. Les Sirènes les appellent de leurs voix harmonieuses, mais Orphée détruit l'enchantement fatal par les accords de sa lyre. Une tempête les jette sur la côte d'Afrique ; ils visitent le jardin des Hespérides, dont Héraklès vient d'enlever les pommes d'or, traversent encore la mer de Crète et rentrent enfin en Grèce, que Médée épouvante de ses fureurs.
     Durant le voyage, près d'être atteinte par son frère, elle l'avait livré aux coups de Jason, puis, mettant son corps en pièces, elle avait semé les chairs livides et les ossements brisés le long de la route que suivait son père, pour arrêter sa poursuite. A Iolcos, elle rajeunit par son art le vieil Éson et fait déchirer Pélias par ses filles, en leur promettant que ses membres, mêlés dans une chaudière bouillante à des herbes magiques, retrouveront une vie nouvelle. Cependant Jason la délaisse ; alors elle égorge ses propres enfants, donne à Créuse, sa rivale, une tunique empoisonnée, et, s'élevant dans les airs sur un char traîné par des dragons ailés, elle se réfugie dans l'Attique où elle devient l'épouse d'Égée.
     Dans cette légende, qui en renferme deux mal fondues l'une dans l'autre, la grande magicienne éclipse les héros sur qui se portait d'abord l'attention. En racontant la lointaine expédition de ceux-ci, les poètes avaient voulu résumer les diverses entreprises des Grecs vers la mer Noire, comme les courses de l'Héraklès de Tyr résumaient tous les voyages des Phéniciens vers l'ouest. Quant aux détails du retour, on vient de voir qu'ils se multiplièrent à mesure que s'étendirent les connaissances et les hypothèses des Grecs sur les régions du Nord et de l'Occident.
     Il est remarquable que les Grecs aient eu deux cycles de légendes nationales sur les contrées lointaines : l'Odyssée et les Argonautiques. Les Romains ne montrèrent jamais une curiosité si ardente. Loin de s'enfermer dans les bornes étroites de leur horizon, les Grecs cherchèrent à en reculer les limites et en sondèrent sans relâche les profondeurs inconnues. Cette passion est bien celle du peuple voyageur par excellence, qui rechercha sur les flots de la mer d'Ionie les traces d'Odysseos, sur les vagues de l'Euxin celles de Jason, et dont on retrouve les colonies sur tous les rivages.
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Jason Combattant.

     Jason, armé du casque, de la lance et du bouclier, est sur le point de transpercer un ennemi renversé à terre; à ses pieds, on lit IACO. En légende EΠI. CTPA. KΛ. NIKOMHΔOYC NEOKOPΩN ΠEPΓAMHNΩN. (Revers d'une monnaie en bronze de Pergame, à l'effigie de Commode.)
 
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     La guerre de Troie laissa de plus grands souvenirs dans la mémoire des Grecs et exerça sur l'art et la poésie une plus durable influence. Cet événement est certainement historique ; il marque le moment où la Grèce, après avoir souffert durant des siècles l'invasion qui s'opérait d'Orient en Occident, réagit à son tour et commença le mouvement en sens contraire. Quelques-unes des circonstances qu'on rattache à cette guerre ont même un degré de certitude plus grand qu'aucun des faits de l'expédition des Argonautes ou des guerres de Thèbes. Mais la poésie a recouvert tous les incidents de détails merveilleux que l'Iliade a pour jamais consacrés.(5)
     De l'ensemble des traditions il résulte qu'un État puissant s'était formé en face de la Grèce, sur la côte orientale de la mer Égée. Aux temps primitifs, le premier besoin est la sécurité. Troie, la capitale de ce royaume, n'était pas sur le rivage dépourvu de ports, mais que l'île de Ténédos protège contre les tempêtes de l'Ouest. Comme Athènes, Argos et Corinthe, elle était assez loin de la mer pour n'avoir pas à craindre une attaque subite des pirates. Comme ces villes encore, elle s'adossait à un roc abrupt haut de 400 pieds, dont les escarpements sont souvent à pic, et qui portait sa citadelle, Pergame, où le peuple, en cas d'alarme, pouvait se réfugier. Le Simoïs, descendu de l'Ida, l'entourait, à l'est, de ses replis, et le Scamandre, formé par les sources nombreuses qui sortent du rocher de Bounarbachi, fécondait la vallée où paissaient les troupeaux des rois. Différents peuples ou des dominations différentes s'y succédèrent ; la dernière fut celle des Dardaniens, dont l'empire s'étendit jusqu'au Caïcos, vers les frontières de la Lydie, et qui avaient pour alliés plusieurs peuples de la péninsule. Priam y régnait alors ; sa capitale, Troie ou Ilion, était célèbre pour la force de ses murailles, les richesses et le luxe de ses habitants, dont les moeurs et la religion étaient, comme la langue, les mêmes que celles des Hellènes, mais à un degré plus avancé de développement. Apollon était leur dieu protecteur ; c'était sur l'Ida que trois déesses avaient remis à Pâris le droit de décerner le prix de la beauté et qu'Aphrodite avait donné pour fils à Anchise le pieux Énée.  
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     Cependant une haine nationale invétérée séparait les Grecs des Troyens et les arma, un jour, les uns contre les autres.
     De mutuels outrages ne suffisent pas à expliquer cette rivalité mortelle. Hérodote y a vu une première lutte de la Grèce pauvre et guerrière contre l'Asie riche et civilisée. D'autres ont représenté la cité de Priam comme une pélasgique, et sa ruine, par la main des Hellènes, comme le dernier terme d'une lutte de deux races qui, après avoir eu la Grèce pour champ de bataille, avait fini d'une éclatante manière sur un plus vaste théâtre. Hérodote, plus près des événements, paraît aussi plus près de la vérité.
     Pour la légende, la haine des deux peuples n'est plus que celle de deux familles : les fils de Priam soutenus par Apollon, le dieu asiatique, et ceux de Pélops que protège la déesse d'Argos, Héra ou Junon, dont le culte ne fut jamais populaire sur la côte d'Asie. Cette haine datait de loin, du temps où les deux royaumes de Troade et de Phrygie se disputaient la prépondérance dans l'Asie Mineure.
     En Phrygie régnait Tantale ; un jour qu'il reçut les dieux à sa table, il voulut éprouver leur puissance : il immola son fils Pélops dont il leur servit les membres déchirés. Zeus voit le crime et cette audace sacrilège ; il précipite le coupable aux Enfers où, au milieu de l'abondance, il souffrira éternellement d'une soif et d'une faim cruelles.
     Les Grecs ne craignaient pas de prêter à leurs êtres divins de mauvaises passions qui les rapprochaient de l'humanité : dans la légende de Niobé, les dieux punissent la fille de Tantale pour un noble sentiment, l'orgueil maternel. Mais les artistes surent gré aux poètes de leur avoir fourni un magnifique sujet de groupe sculptural.
     Fière des douze enfants qu'elle avait donnés au roi de Thèbes, Amphion, Niobé blessa Latone en opposant son heureuse fécondité à la couche stérile de la déesse, qui n'avait mis au jour que les deux jumeaux nés dans l'errante Délos, Apollon et Artémis. Pour venger leur mère irascible, le dieu destructeur des monstres et la vierge farouche lancèrent contre les Niobides ces flèches qui jamais ne manquaient leur but. Tous périrent, et Niobé fut changée, sur le mont Sipyle, en une source formée de ses larmes, que les rayons du Soleil tarissaient avant qu'elle arrivât dans la plaine, comme les traits d'Apollon avaient tari les sources de la vie dans le sein des Niobides. 
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     Au festin de Tantale, Déméter, absorbée dans la douleur que lui causait la perte de sa fille Proserpine, avait mangé une épaule de Pélops, sans reconnaître ce mets détestable. Zeus ranima l'enfant et lui donna une épaule d'ivoire, dont le seul contact devait guérir tous les maux, mais qui n'assura pas la victoire au nouveau roi de Phrygie, lorsqu'il attaqua les Troyens. Vaincu par Tros, roi d'Ilion, Pélops est contraint de fuir en Grèce. Il emporte d'immenses trésors et emmène de braves compagnons. En Élide, il veut obtenir la main d'Hippodamie, fille du roi de ce pays. Treize prétendants ont déjà péri, car Oenomaos, averti par l'oracle que son gendre causerait sa mort, défie à la course ceux qui prétendent à la main de sa fille ; il est sur de les vaincre avec ses chevaux rapides, et il les tue après les avoir vaincus. Pélops gagne le cocher d'Oenomaos, qui ôte la clavette des roues ; le char se renverse dans la lice, Oenomaos meurt, et Pélops lui succède. Selon d'autres, Poséidon lui avait donne un char d'or et des chevaux ailés. Son autorité ou son influence s'étendit sur les îles voisines et sur la péninsule Apia qui prit son nom : le pays de Pélops avec ses îles, νῆσος, ou Péloponnèse.
     Mais ce favori des dieux a une abominable postérité : Thyeste souille la couche de son frère ; Atrée renouvelle le festin de Tantale, en servant à Thyeste les membres de ses enfants ; Agamemnon et Ménélas furent ses petits-fils. Egisthe, né de l'inceste de Thyeste avec sa fille Pélopée, égorgea Agamemnon et tomba sous les coups d'Oreste, qui frappa aussi sa mère Clytemnestre. Telle est la famille des Atrides dont les crimes et les malheurs ont si longtemps défrayé la poésie et l'art. 
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     (1) - Une peinture de vase, d'après les Monum. dell' Instit. archéol.,V, tav. XII. Au centre de la scène se dresse un arbre qui la divise en deux parties égales où les personnages sont distribués dans deux registres. Aux branches pend la toison d'or : autour du tronc est enroulé le dragon qui la garde. Jason (ᅡ IAΣΩN) à gauche, Héraklès (HP[ακλῆς]) à droite, s'apprêtent à frapper le monstre, l'un de sa lance, l'autre de sa massue. Derrière les héros et prêts au combat sont trois des Argonautes, leurs compagnons. Dans le registre supérieur, à gauche, le fils de Borée et d'Orithye, Kalaïs (KAΛAIΣ), porté par ses ailes, est venu prendre part au combat. A droite, Médée (MΗΔEIA), couverte de splendides vêtements asiatiques, aide les combattants de son pouvoir magique : de la main gauche elle tient une cassette, de la droite elle s'apprête à jeter des feuilles sur le dragon. Derrière elle, et correspondant à la figure de Kalaïs, est un Amour ailé : il est assis sur un rocher, tient un miroir de la main gauche et regarde la magicienne.ʀ↥
     (4) - Bas-relief d'un sarcophage, au Louvre, où se distinguent quatre groupes correspondant à autant de scènes de ce drame, rendu si populaire dans l'antiquité par les tragédies d'Euripide et de Sénèque. - 1° Créuse, assise à côté de sa nourrice, reçoit les présents que lui offrent Jason, représenté debout entre les colonnes du palais, et les deux enfants que le héros avait eus de Médée. Derrière les enfants est un compagnon de Jason. - 2° A la première scène calme et tranquille fait suite une scène violente. - Créuse a revêtu la tunique empoisonnée, et déjà le feu magique la dévore : la tête rejetée en arrière, le bras levé comme pour écarter la flamme, elle veut s'élancer. Impuissants, son père Créon et, derrière lui, Jason assistent à ce supplice qu'Euripide s'est plu à décrire longuement. -3° La vengeance de Médée n'est pas encore complète ; elle va frapper ses deux fils. Ceux-ci sont représentés courant : peut-être sont-ils occupés à jouer, ainsi que les montre Euripide ; peut-être s'enfuient-ils du palais auquel se sont communiquées les flammes qui dévorent Créuse. Il faudrait alors voir une colonne renversée dans le cylindre qui est à terre aux pieds des enfants. Derrière eux est leur mère qui, sur des bas-reliefs analogues, tient un poignard à la main. Pas plus qu'Euripide, le sculpteur n'a voulu représenter le meurtre même. - 4° La magicienne est victorieuse et va disparaître : on la voit s'élevant sur un char traîné par des serpents ailés. Elle retourne la tête en arrière, comme pour jouir encore de sa vengeance. Cf. Clarac, Musée de sculpture, Texte, t. II. 1ere partie, p. 540 et suiv.ʀ↥
     (5) - Les chants des anciens poètes, n'ayant été confiés qu'assez tard à l'écriture, se sont long temps transmis par la tradition orale avec de nombreuses variantes. Un de ces chantres, Homère, émule heureux de Démodocos et de Phémios dont il est parlé dans l'Odyssée, aura pris pour sujet particulier de ses vers un des épisodes du Cycle troyen, la Colère d'Achille, et cet épisode nous est parvenu augmenté par des retouches successives. Un autre, ou plusieurs autres, car on a distingué, dans l'Odyssée, plusieurs parties, le Nostos ou Retour d'Odysseos, la Télémachie, etc.., aura composé l'Odyssée; ces deux oeuvres sont la dernière forme d'une poésie populaire bien autrement vaste qui avait célébré les hauts faits des héros de la Grèce. (Sur la 1ere édition des poèmes homériques, voy. le chap. X.) Quant à Hésiode, on n'est même pas assuré que la Théogonie soit de lui. Mais ce sont là affaires de philologues ; ce ne sont pas les nôtres. Il nous suffit que l'ouvrage soit fort ancien, et personne n'y contredit. La thèse de F. A. Wolf reprend faveur; M. G. Christ (Homeri iliadis carmina sejuncta, etc.) croit que l'Iliade est un groupe de chants, plutôt qu'un poème conçu du commencement à la fin par Homère, et M. M. Croiset (Ann. de la Soc. des Études grecques, 1884, p. 66) pense de même. Sur la littérature de cette question, voy. S. Reinach, Man. de philol., t.I, p. 168, n. 2.ʀ↥
     (8) - Peinture d'un vase de la fabrique d'Hiéron, d'après Conze, Vorlegeblätter fur archäol. Uebungen, série A, V. - La signature du céramiste est gravée sur l'anse gauche (HIEPONEΓOIEϟEN, Hiéron a fabriqué) : Hiéron florissait au Ve siècle avant notre ère. Le jugement de Pâris est un des sujets favoris des artistes, particulièrement des peintres de l'antiquité, peintres de fresques ou de vases. Ici Pâris Alexandre (A⇂EXϟNΔPOϟ sic) est assis à gauche sur un rocher de l'Ida, au milieu d'un troupeau de chèvres. Le jeune berger est couronné de feuillage et tient en main une cithare. Devant lui se sont arrêtées, guidées par Hermès, les trois déesses : Hermès, reconnaissable à ses talonnières et à son pétase (cf., une monnaie d'Aenos), tend une fleur à Pâris. Les trois déesses tiennent également une fleur en main : c'est d'abord Athéna (AΘENAIA), portant l'égide; puis Héra (HEPA), le sceptre en main ; enfin, Aphrodite (AΦPOTIΔE sic), entourée de quatre Amours ailés qui lui présentent fleurs et couronnes, et tenant une colombe de la main gauche.ʀ↥
     (10) - Bas-relief d'un sarcophage, au Louvre. - l° Dans la première scène à gauche, Pélops est en conversation avec Oenomaos : derrière le roi se tient un serviteur armé. - 2° Suit la course, qui se déroule dans la plaine de Pise, que personnifie la nymphe étendue à terre ; à côté d'elle se trouvent, dans une corbeille, les branches de palmier réservées au vainqueur à la course. Oenomaos, vaincu, est renversé sous ses chevaux, dont il tient encore les rênes : auprès de Myrtilos qui l'a trahi, un serviteur effrayé lève la main au ciel. Pélops, vainqueur, a son fouet en main, et à sa gauche est un homme qui s'apprête à le couronner. Cette dernière figure et celle du cavalier qui précède le char sont empruntées aux représentations du cirque romain, ce qui donne à ce monument une date très basse. - 3° Pélops a reçu le prix de sa victoire : guidé par l'Amour, il entraine Hippodamie, qu'encourage sa vieille nourrice.ʀ↥

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