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     Les Grecs ont de très bonne heure renoncé à la vie nomade, s'ils l'ont jamais pratiquée. La religion domestique qu'ils avaient apportée de l'Asie a dû les ramener toujours à la vie sédentaire et à la propriété privée, puisqu'il fallait à chaque famille un lieu lui appartenant en propre pour y dresser le tombeau des morts et le foyer des vivants. Quoiqu'il soit difficile de retracer cette première organisation sociale ; ce qui vient d'être dit des événements, il faut le répéter des moeurs. Si l'on doit renoncer à dégager des anciennes traditions une histoire certaine et se contenter d'accepter quelques faits pris dans leur généralité ; on ne peut arriver à une précision plus grande pour les institutions politiques et sociales. Cependant, à cet égard, la légende renferme aussi une portion de vérité : c'est l'impression que nous laissent du caractère de ces temps les récits qui en proviennent, et surtout, pour une époque relativement moderne, les deux poèmes de l'Iliade et de l'Odyssée.
     Considérée dans son ensemble, la poésie légendaire se rapporte à deux époques. L'une peint la Grèce se débattant dans la vie barbare contre les fléaux physiques et les bêtes des forêts, contre les rapines des forts et les violences des puissants. C'est le temps des héros, des travaux d'Héraklès et de Thésée. L'autre montre un Etat plus civilisé, une vie plus stable, des races royales respectées, et les luttes intestines momentanément suspendues pour une grande entreprise. Au lieu de tribus hostiles, on voit un peuple dont la guerre de Troie a pour jamais rattaché l'une à l'autre les diverses fractions. Evidemment, dans la première période se continue la lutte des Hellènes et des Pélasges, ou des tribus nouvelles contre les peuplades primitives ; dans la seconde, la victoire des Hellènes est assurée, l'unité de la nation établie, quoiqu'elle n'ait encore d'autre nom général dans Homère que celui de Panachéens.
     L'indépendance du caractère grec se montre déjà dans ce poème. Point de castes. Les nobles sont les plus forts, les plus agiles et les plus braves ou les plus éloquents. C'est parce qu'ils possèdent ces qualités qu'on les croit fils des dieux et qu'on leur accorde respect et obéissance. Cependant cette origine, tous peuvent la revendiquer s'ils la prouvent par leur courage. Entre le peuple et les nobles, il n'y a pas d'infranchissable barrière ; personne ne vit paresseusement de la gloire de ses aïeux. Comme il arrivera chez les Scandinaves, tout appartient au brave. Malgré la prétendue descendance des dieux, l'homme se fait à lui-même sa place, pour le moment par la force, plus tard par l'intelligence. A quelle distance sommes-nous déjà de l'immobile Orient? C'est une civilisation nouvelle qui va naître, une seconde vie de l'humanité qui commence. En Orient, où les dieux régnaient, tout devait rester immuable comme la divinité. Ici l'homme commande, tout sera mouvement, passion, désirs sans bornes, efforts audacieux ; pour lui, Prométhée a dérobé le feu du ciel, et en lui donnant l'inspiration, en lui enseignant les arts, il a brisé ses chaînes.

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Moissonneur coupant les épis.

Sur une monnaie d'or d'attribution incertaine. On a parfois donné à ce moissonneur le nom de Lityersès, héros phrygien, fils de Midas, qui moissonnait lui-même ses blés.
   
     Ces « nourrissons » des dieux (1), qui ont reçu de Zeus le sceptre et qui le transmettent à leur fils aîné, passent pour être les intermédiaires entre leur peuple et le ciel. Qu'ils gouvernent bien, et la terre noire produit d'abondantes moissons, les arbres plient sous la masse des fruits, les brebis sont fécondes et la mer est riche en poissons. Que les rois, « mangeurs de présents » (2), rendent des sentences iniques, et Zeus, dans son courroux, déchaîne l'ouragan ; les fleuves débordent, les torrents se précipitent des montagnes et les champs sont dévastés (Odyssée., XIX, 109-114; Iliade, XVI, 384-392.). Voilà l'idéal poétique ; en réalité, ces rois ne sont que les chefs militaires et religieux de leur peuple ; les plus puissants ont pour palais, où ils s'enferment, au besoin, avec leurs richesses, une de ces enceintes en pierres énormes, que les Pélasges leur ont léguées, ou qu'à leur exemple ils ont construites. En toute affaire, ils consultent les nobles qui les entourent. S'ils jugent, c'est avec le concours des Anciens et des sages ; par Anciens, il ne faut pas entendre les plus âgés, mais les plus nobles. Ce sont ceux-ci qui, devant Troie, convoqués par Agamemnon, en voient des députés à Achille pour fléchir sa colère. Les revenus des rois sont des dons, les fruits de leurs domaines, une part plus grande dans le butin, et, dans les sacrifices, une double portion de la chair des victimes (3). Pour se faire reconnaître, ils n'ont d'autre insigne que le sceptre, d'autres gardes que les hérauts, et aux réunions la place la plus honorable. Nulle trace de cette adoration, de ces formes serviles qu'imposent les rois de l'Orient à ceux qui les approchent. 

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     Si, dans l'Iliade, Agamemnon, le roi des rois, paraît avoir une autorité plus grande, c'est qu'une expédition loin des foyers et une lutte dangereuse exigent une plus grande concentration du commandement. D'ailleurs Agamemnon joignait au titre ce qui, dans ce temps, le faisait surtout respecter, la force ; il était parmi les plus vaillants, et ses soldats étaient les plus nombreux. Voyez pourtant comme Achille le brave, et comme Thersite l'insulte ; voyez aussi, dans l'Odyssée, en quel état tombaient ces rois de l'âge héroïque, quand ils fléchissaient sous le poids des ans, comme Laërte, et qu'ils n'avaient pas pour retenir le respect des hommes le souvenir de grands exploits ou la parole harmonieuse de Nestor. Bien souvent Odysseos est moins le chef que l'égal de ses compagnons ; et le roi des Phéaciens est, comme lui entouré dans son île de ceux que le poète grec nomme βασιλῆς, les rois, ou ἄνακτες, les maîtres, et qu'on appelle aussi « les bons, les justes » ; ce sont les membres de certaines familles aimées des dieux, dont elles descendent, et qui d'eux reçoivent, comme par droit héréditaire, la force, la bravoure et l'éloquence, c'est-à-dire des familles qui ont conquis leur noblesse par leur courage, et qui la conservent par leurs exploits (5). Du reste, ils ne prétendent, sur le champ de bataille, qu'aux postes les plus dangereux, aux combats singuliers avec les plus braves des ennemis ; dans la cité, à quelques prérogatives honorables plutôt qu'utiles. Dans l'intervalle des combats, ils s'exercent aux jeux, image de la guerre. 
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     Quelques-uns jouent de la lyre, à l'exemple d'Amphion et d'Orphée, et chantent les hauts faits des braves, ou écoutent les rhapsodes, qui étaient tenus en grand honneur ; car, en conservant la généalogie des héros, ils conservaient la gloire des familles. Cependant ces guerriers ne dédaignent pas plus les travaux manuels qu'Héphaïstos, le fils du maître des dieux. Un d'eux, tué devant Troie, est célébré par Homère comme très habile en toutes sortes d'ouvrages, et pour cela particulièrement aimé d'Athéna. Odysseos se sert de la hache aussi bien que de la lance. C'est lui qui construit sa couche et son vaisseau. Achille lui-même fait tous les apprêts du festin ; les charpentiers habiles sont admis à la table des rois, à côté des voyants, des médecins et des chantres inspirés des Muses.
     Cependant cette aristocratie vivra des siècles. C'est qu'elle n'a point seulement pour elle la force et le respect traditionnel des peuples, mais aussi la richesse. La massue d'Héraklès et sa peau de lion ne suffisent plus aux guerriers ; il leur faut un char de guerre, des chevaux fougueux et une armure ; si coûteuse qu'on la croit souvent un don des dieux, si forte que, dans la mêlée, elle assure au chef un immense avantage sur la multitude livrée sans défense à ses coups. Plus que, tout cela, ces nobles ont les fonctions religieuses : ils prient, ils sacrifient pour tout le peuple, car leurs dieux domestiques sont les dieux de la cité. La religion consacre leur prééminence, et quand les rois de l'âge héroïque disparaîtront, les Eupatrides seront pour longtemps les maîtres de l'Etat. Mais leur morale est courte ; la vertu est alors la vaillance qu'Arès accorde, et la piété, la crainte que Némésis inspire.
     Au-dessous des nobles, composant le conseil du roi et, dans la bataille, la ligne des chars de guerre, est la foule des hommes libres ; plus bas, les mercenaires, θῆτες, et un petit nombre d'esclaves. Les premiers forment, dans toutes les occasions importantes, une assemblée qui se réunit autour du cercle de pierres polies (9) où les chefs siègent avec le roi, au milieu de l'agora. S'ils ne prennent point encore part à la délibération ; du moins ils entendent discuter devant eux tous les graves intérêts, et ils influent par leurs murmures, favorables ou contraires, sur la décision à prendre. Quand un roi a parlé, « l'assemblée émue est comme les grandes vagues de la mer Icarienne, soulevée par l'Euros et le Notos qui se précipitent des nues, ou comme la vaste moisson dont un vent impétueux agite et courbe les épis ». Aussi Homère veut-il que Calliope soit la compagne assidue des rois, pour adoucir par l'éloquence les emportements populaires.(10)
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Odysseos construisant un vaisseau

Pierre gravée, d'après Overbeck, Bildwerke, Taf. XXXI, n° 8. - Odysseos, abandonné dans l'île d'Ogygie, est occupé à construire l'avant d'un vaisseau : il a un marteau en main.

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     Nous trouvons donc, si loin que nous remontions dans l'histoire de la Grèce, l'habitude des assemblées et de la discussion publique. La nécessité de convaincre avant de commander aiguisa l'esprit de ce peuple ; toutes ses facultés furent ainsi tenues en haleine et prêtes pour le plus brillant essor. 
     Il est encore à noter que la condition de ceux qui forment le peuple, δῆμος, est meilleure au temps de la royauté homérique qu'elle ne le sera sous les gouvernements aristocratiques : voyez, dans l'Odyssée, les rapports d'Odysseos avec le pâtre Eumée, un ancien esclave.
     Ce peuple, déjà si libre dans sa constitution politique, l'était plus encore dans son organisation religieuse : point de prêtres, ou, pour mieux dire, point de clergé constitué à part, et point de livre saint, comme la Bible, les Védas ou le Zend-Avesta, c'est-à-dire point de corps de doctrines consacrées : double fait fondamental dans l'histoire du développement intellectuel des Hellènes. Comme tout chef de famille est le prêtre de sa maison, le roi est le premier pontife de la cité : « Tu veilles sur le foyer de ce pays », disent les filles de Danaos au roi d'Argos (Eschyle, les Suppliantes, 370 et suiv.). C'est lui, en effet, qui immole la victime pour son peuple, sans se croire investi d'un caractère sacré (12) ; quand il sacrifie au nom de la ville, il remplit une fonction publique. Mais la superstition est un des instincts les plus naturels de l'homme, et jamais encore le culte ne s'est borné à un acte reconnaissance envers l'Être souverain. Tous les peuples ont voulu arracher à l'avenir les secrets qu'il gardera toujours, et tous ont eu des sorciers, des magiciens ou, comme les Grecs, des devins qui interprétaient les signes célestes, des hallucinés qui voyaient le monde invisible, des convulsionnaires, comme la Pythie de Delphes, qui sentaient le dieu s'agiter en eux et exprimaient ses volontés. Les Grecs croyaient ces prophètes en relation directe avec la divinité et les consultaient en toute confiance. Ainsi le temple de Dodone avait ses colombes sacrées et ses chênes séculaires que le vent faisait parler en passant dans leur feuillage : trois prêtresses, les Péléiades, interprétaient ces sons confus. Les oracles d'Apollon à Delphes, reçus par la Pythie, étaient traduits par la bouche de ses prêtres ; Orphée accompagna les Argonautes pour charmer par ses chants leur long voyage, mais aussi pour expliquer les signes célestes. Les plus fameux devins furent Amphiaraos, auprès des sept chefs dans la première guerre de Thèbes, Tirésias et sa fille Manto chez les Thébains, enfin Calchas, qui suivit les Grecs dans la guerre de Troie.
La Pythie de Delphes.

Tête de la Pythie delphique, sur un tétradrachme de Syracuse. Les cheveux sont hérissés et la tête ceinte de bandelettes; autour, des dauphins. (Voyez A. de Longpérier, Oeuvres, publiées par G. Schlumberger, t. III, p. 409.)
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     On croyait aussi que les dieux envoyaient aux hommes, dans les songes ou par les éclats de la foudre, des avis salutaires, des menaces ou des espérances (14). Certaines familles passaient même pour avoir par droit héréditaire l'inspiration divine ou le privilège d'être plus agréables aux dieux dans l'accomplissement des mystères (15). Elles étaient sans doute les restes survivants d'anciennes races théocratiques que les révolutions avaient dépouillées de leur pouvoir temporel. Dans la croyance des Grecs, quelque dieu se trouvait toujours à l'origine de ces familles respectées. Pindare, célébrant un vainqueur aux jeux Olympiques, qui comptait parmi ses aïeux un devin Iamide, raconte comment vint à cette race le don de voir l'avenir : « Évadné, la jeune fille aux cheveux couleur de la violette, vivait aux bords de l'Alphée. C'est là qu'aimée d'Apollon elle goûta pour la première fois les douces amours ; là aussi un jour, venue pour puiser de l'eau, elle fut contrainte de déposer sa ceinture de pourpre avec son vase d'argent. Aussitôt le dieu à la blonde chevelure envoya près d'elle Ilithye qui calme les souffrances, et l'enfant de ses entrailles et de ses chères douleurs, Iamos, parut à la lumière. Brisée par la souffrance, elle le laissa à terre ; mais, par l'ordre des dieux, deux serpents aux yeux verts le nourrirent du suc des abeilles... Quand l'aimable jeunesse eut mis sur son front la couronne d'or, il descendit au milieu de l'Alphée et invoqua son aïeul, le puissant Poséidon, ainsi que le dieu à l'arc redoutable qui protège Délos, son sanctuaire. Il leur demandait de ceindre sa tête de la bandelette vénérée des peuples. Son père lui donna un double trésor de science prophétique ; dès lors il en tendit la voix qui jamais n'a proféré le mensonge et il put annoncer l'avenir sur l'autel du grand Zeus. » (Olympiques), VI, 50-117.
     Cependant ces devins, même les collèges de prêtres qui exerçaient, à l'exclusion des laïques, certains sacerdoces, comme ceux de Zeus à Dodone et d'Apollon à Delphes, ne formèrent point un corps séparé du reste des citoyens, et ne jouèrent jamais, comme tels, un rôle politique ; les Grecs, en un mot, n'eurent pas plus de caste sacerdotale qu'ils n'avaient de caste militaire. 
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     (8) - Char de Zeus, sur le vase François, d'après les Monum. dell' Instit. archeol., IV, tav. LIV-LV, et W. Helbig, Das homerische Epos aus den Denkm. erläut.,fig. 18, p. 101. - Sur l'essieu porte la cage (δίφρος), qui ne protégeait les guerriers debout sur le char que jusqu'aux genoux. La cage n'est pas pleine et la pièce de bois recourbée qui la termine à la partie supérieure sert de balustrade : on l'appelait ἄντυξ, et c'est là que, le char arrêté, on attachait les rênes. Le timon (ῥυμός) part de la partie inférieure de la cage et se termine au joug : il est également relié à la partie supérieure de la cage par une tige en bois recourbé qu'on voit à la hauteur de la main droite de Zeus. Le joug (ζυρός) se posait à l'extrémité du timon : on l'y fixait par une cheville et par des courroies (ξυγόδεσμος). De larges courroies (λέπαδνα) passées au cou des chevaux les rattachaient au joug.  ʀ↥
     (10) - Dans la description du bouclier d'Achille, Homère montre un jugement rendu par les Anciens. « On voyait, dit-il, le peuple se pressant dans l'agora où s'était élevée une querelle, à la suite d'un meurtre. Deux hommes se disputaient pour le prix du sang. L'un prétendait avoir tout payé et le déclarait au peuple, l'autre niait avoir rien reçu. Ils se décident à aller devant des arbitres pour y terminer leur différend. Le peuple acclamait, ceux-ci l'un, ceux-là l'autre, car chacun d'eux avait ses partisans. Des hérauts contenaient le peuple. Les Anciens étaient assis sur des pierres polies, dans l'enceinte consacrée, et leurs bâtons étaient dans les mains des hérauts dont la voix faisait retentir les airs. Ils se levaient ensuite en prenant ces bâtons et prononçaient à tour de rôle leur sentence. A terre, au milieu d'eux, étaient deux talents d'or, pour donner à celui d'entre eux qui rendrait le jugement le plus droit. » (Iliade, XVIII, 497-508.) Voy., dans l'Annuaire de la Société pour l'encouragement des études grecques, année 1884, p. 90, le commentaire juridique de M. Dareste sur ce passage. - Le bâton ou sceptre que prennaient les Anciens avant de parler était le signe qu'ils remplissaient à ce moment une fonction publique. Cet usage se conservera en se transformant : Athènes aura aussi des orateurs officiels.  ʀ↥
     (11) - D'après le Bull, de Corr. hellén., VII (1883), pl. I-III (W.-J. Stillman). - De la cuirasse il ne reste que la face postérieure où l'on remarque, sur la ligne de l'épine dorsale et au cou d'un des personnages de gauche, des trous qui ont peut-être été faits par des flèches. Elle est entièrement décorée au trait de dessins de style archaïque. A la partie supérieure, sur les saillies qui protègent les omoplates, sont deux lions et deux taureaux : entre ces saillies sont deux groupes de sphinx et de lions affrontés. La disposition de ces animaux par zones parallèles et la manière dont ils sont traités rappellent les peintures de vases de style oriental. A la partie inférieure sont six figures humaines : on reconnaît à droite Apollon suivi de deux déesses, Latone et Artémis (?). Devant le dieu, qui tient une lyre à la main, s'avancent trois personnages, dont le premier, la tête ceinte d'une bandelette, porte la main droite en avant, dans l'attitude de l'adoration.  ʀ↥
     (12) - Il faut faire une exception pour le grand prêtre des Cabires de Samothrace, qui était en même temps souverain de l'île, comme peut-être aussi celui d'Apollon à Délos, au moins dans les anciens temps. Mais ceux qui avaient même des sacerdoces héréditaires n'en étaient pas moins, pour tout le reste, citoyens. Une plus grande pureté de moeurs leur était imposée. Beaucoup de sacerdoces étaient remplis par des femmes : la prêtresse de Déméter avait la tête couronnée de pavots et d'épis; celle d'Athéna, à Athènes, portait l'égide, la cuirasse et le casque. Le temple de Dionysos au Marais, aussi à Athènes, était desservi par quatorze vierges, comme les Vestales de Rome. Beaucoup de ces prêtresses étaient astreintes à faire voeu de chasteté, comme le montrent vingt endroits de Pausanias. Les prêtres d'Artémis, à Éphèse, étaient des eunuques. Du reste, ces privations, comme quelques autres abstinences, n'avaient aucun rapport avec l'idée chrétienne de la macération de la chair. Sur cette question, voyez Maury, tome II, chap. XIV. Plus tard, il exista beaucoup de confréries religieuses dont il sera parlé aux chapitres XV et XXVII.  ʀ↥

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deuxième chapitre.

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