Dans cette partie du continent de la Grèce qui regarde les Cyclades et la mer Egée, s'élève en avant de l'Attique le promontoire Sounion. En le côtoyant vous trouvez un port, et sur le sommet du promontoire le temple d'Athéna Suniade. En naviguant un peu plus avant, vous voyez Laurion, où étaient jadis les mines d'argent des Athéniens, et une petite île déserte nommée l'île de Patrocle. Ce Patrocle commandait les vaisseaux que Ptolémée, fils de Ptolémée, et petit-fils de Lagos, envoya au secours des Athéniens contre Antigone, fils de Démétrios, qui ravageait lui-même leur pays avec ses troupes de terre, tandis que ses vaisseaux les tenaient bloqués, Patrocle plaça son camp dans cette île et y construisit un fort. Le Pirée était déjà anciennement un bourg, mais il n'y avait point de port avant que Thémistocle fût archonte, et Phalère était alors le port des Athéniens ; c'est là en effet que la mer est le plus près de la ville. Ménesthée partit, dit-on, de Phalère pour se rendre au siège de Troie, et Thésée s'y était embarqué auparavant pour aller donner à Minos satisfaction de la mort d'Androgée. Thémistocle, lorsqu'il fut archonte, trouvant que le Pirée était bien plus commode pour les navigateurs, et offrait d'ailleurs trois ports au lieu d'un seul qu'il y avait à Phalère, y fit les constructions nécessaires pour le rendre praticable, et les loges destinées à recevoir les vaisseaux y étaient encore de mon temps. Le tombeau de Thémistocle est vers le plus grand de ces ports, car on dit que les Athéniens s'étant repentis de leur injustice à son égard, ses os furent apportés de Magnésie par ses parents. Il parait que ses enfants revinrent aussi à Athènes, et ils placèrent dans le Parthénon un tableau représentant Thémistocle. L'enceinte consacrée à Zeus et à Athéna est ce que le Pirée offre de plus remarquable. Zeus, tient son sceptre d'une main, une Victoire de l'autre, et Athéna tient une pique ; ces deux statues sont en bronze. On y voit le tableau où Arcésilas a peint Léosthènes et ses enfants : ce Léosthènes à la tête des Athéniens et de tous les autres Grecs, ayant défait les Macédoniens, d'abord dans la Béotie, ensuite au-delà des Thermopyles, les obligea de se renfermer dans Lamie, de l'autre côté du mont Oeta. Un long portique sert de marché à ceux qui demeurent près de la mer, ( car il y a un autre marché pour ceux qui sont plus éloignés du port). On voit derrière ce portique, deux statues, représentant Zeus, et le Peuple, tous deux debout ; elles sont de Léocharès. Sur le bord de la mer est un temple d'Aphrodite que Conon fit bâtir après la victoire navale qu'il remporta sur les Lacédémoniens, vers Cnide, dans la Chersonèse de la Carie. Les Cnidiens ont en effet la plus grande vénération pour Aphrodite, qui a plusieurs temples chez eux. Celui d'Aphrodite Doritis est le plus ancien ; celui d'Aphrodite Acraia a été bâti ensuite ; le plus moderne de tous est celui d'Aphrodite nommée Euploi ( qui donne une heureuse navigation ) par les Cnidiens, mais plus généralement connue sous le nom d'Aphrodite de Cnide. Les Athéniens ont à Munychie un autre port et un temple d'Artémis Mounychia ; et à Phalère, comme je l'ai déjà dit, un troisième port, avec un temple de Déméter auprès. On y voit aussi un temple d'Athéna Sciras ; un peu plus loin, un temple de Zeus, et des autels érigés aux dieux inconnus aux héros, aux fils de Thésée et à Phaléros, qui fit avec Jason le voyage de Colchos, disent les Athéniens. Androgée, fils de Minos, y a pareillement un autel qu'on nomme l'autel du héros, mais ceux qui cherchent à connaître mieux que les autres, les antiquités du pays, savent qu'il est dédié à Androgée. Le promontoire Kôlias est à vingt stades de Phalère ; c'est-là qu'après la défaite des Mèdes, les débris de leur escadre furent jetés par les flots. On y voit la statue d'Aphrodite Kôlias et celles des Genetyllides, déesses qui sont, je crois, les mêmes que celles qui portent le nom de Gennaïdes chez les Phocéens de l'Ionie. Sur la route de Phalère à Athènes est un temple qui n'a plus ni portes ni toit : il fut brûlé, dit-on par Mardonios, fils de Gôbryas. Si la statue qu'on y voit est, comme on le dit, un ouvrage d'Alcamène, on conçoit pourquoi elle n'a pas été mutilée par Mardonios. |
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