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L'amazone Antiope. Les tombeaux. Des poètes royaux. Des rois successifs de l'Attique.
     En entrant dans la ville d'Athènes, vous trouvez le tombeau de l'amazone Antiope. Pindare dit qu'elle avait été enlevée par Thésée et Pirithoos ; mais voici ce qu'on lit dans les vers d'Hègias de Troezène. Héraklès ayant assiégé la ville de Themiscyra sur le Thermodonte, ne put cependant pas parvenir à la prendre ; elle lui fut livrée par Antiope devenue amoureuse de Thésée, qui avait suivi Héraklès dans cette expédition. Les Athéniens, de leur côté, disent que les Amazones étant venues dans l'Attique, Antiope fut percée d'un coup de flèche par Molpadia, qui fut elle-même tuée par Thésée, et on montre aussi son tombeau à Athènes.
     En montant du Pirée à la ville, on découvre, les ruines des murs que Conon fit bâtir après le combat naval de Cnide ; car ceux que Thémistocle avait construits après la retraite des Mèdes furent démolis pendant la tyrannie des Trente. Deux personnages très connus, Ménandre, fils de Diopithès, et Euripide, ont leurs tombeaux sur cette route. Celui d'Euripide est un Cénotaphe, car ce poète, étant allé vers le roi Archélaos, fut enterré dans la Macédoine. Beaucoup d'écrivains ont raconté comment il mourut ; et je veux bien croire ce qu'ils disent.
     Les poètes fréquentaient alors les rois ; déjà avant Euripide, Anacréon avait vécu auprès de Polycrate, tyran de Samos ; Hiéron avait reçu Eschyle et Simonide à Syracuse ; Denys, qui fut par la suite tyran de la Sicile, avait Philoxène à sa cour ; Antagoras de Rhodes et Aratos de Soles vinrent à celle d'Antigone, roi de Macédoine. Mais Homère et Hésiode, ou n'eurent pas le bonheur d'être recherchés par des souverains, ou le dédaignèrent ; Hésiode, par ce qu'il aimait la vie champêtre et craignait la fatigue des voyages. Pour Homère, qui, en avait fait de fort longs, il préféra une vaste renommée aux avantages de la fortune qu'il aurait pu trouver dans le commerce des grands. Il nous présente en effet, dans ses poèmes, Démodocos à la cour d'Alcinoos, et il nous apprend qu'Agamemnon partant pour le siège de Troie avait laissé je ne sais quel poète auprès de son épouse. On voit à peu de distance des portes de la ville un tombeau sur lequel est un guerrier debout près de son cheval. Je ne sais pas qui c'est, mais l'homme et le cheval sont l'ouvrage de Praxitèle.
     En entrant dans la ville, vous trouvez un édifice, pour l'appareil des pompes religieuses qui se font, les unes tous les ans, les autres à des époques plus éloignées. Non loin de là un temple de Déméter renferme la statue de la déesse, celle de sa fille et Iacchos tenant à la main une torche. Une inscription gravée sur le mur en lettres attiques, nous apprend que ces statues sont de Praxitèle. Près de ce temple est un Poséidon à cheval, lançant sa pique au géant Polybotès, sur lequel les habitants de Cos racontent une fable où il est question du promontoire de la Tortue. L'inscription qu'on y lit maintenant indique un autre personnage que Poséidon. Depuis les portes de la ville jusqu'au Céramique, règnent des portiques devant lesquels sont des statues en bronze représentant différents personnages, hommes ou femmes, qui se sont distingués ou par leurs actions ou par leurs écrits. Un de ces portiques renferme quelques temples de dieux, un gymnase qui porte le nom d'Hermès, et même encore la maison de Polytion, où quelques Athéniens d'un rang distingué parodièrent les mystères d'Eleusis ; elle est maintenant consacrée à Dionysos, qui a reçu le surnom de Melpomène comme Apollon celui de Musagète ; et pour la même raison. Ce portique vous présente aussi les statues d'Athéna Paeônia, de Zeus, de Mnémosyne, des Muses et d'Apollon, faites et offertes par Eubulide ; on y voit encore Acratos l'un des génies de la suite de Dionysos ; mais ce n'est qu'une tête enchâssée dans le mur. Après l'enceinte consacrée à Dionysos, vous trouvez un petit édifice avec des statues de terre qui représentent Amphictyon, roi des Athéniens, donnant un repas à Dionysos et aux autres dieux. Là se voit enfin Pégase d'Eleuthères qui introduisit à Athènes le culte de Dionysos ; il fut secondé par l'oracle de Delphes, qui rappela aux Athéniens le voyage du dieu dans l'Attique, du temps d'Icarios.
     Amphictyon parvint au trône de la manière suivantes Actaeos fut, dit-on, le premier roi de ce qu'on nomme maintenant l'Attique. Cécrops, qui avait épousé sa fille, prit la couronne après sa mort; il eut trois filles, Hersé, Aglaure, Pandrose, et un fils nommé Erysichthon, qui ne régna point, étant mort avant Cécrops, dont le trône fut occupé par Cranaos le plus puissant des Athéniens. Cranaos eut plusieurs filles, entre autres Atthis, de qui le pays prit le nom d'Attique au lieu de celui d'Actée qu'il portait auparavant. Amphictyon se révolta contre Cranaos, dont il avait cependant épousé la fille, le détrôna et fut renversé lui-même par Erichthonios et ses partisans. On dit qu'Erichthonios n'avait point de père mortel, et qu'il était fils d'Héphaïstos et de la Terre, Gaia.

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troisième chapitre.