Le temple des Dioscures est ancien ; on les a représentés debout, et leurs enfants sont à cheval auprès d'eux. Polygnote a peint dans ce temple leur mariage avec les filles de Leucippe, et Micon, les héros qui s'embarquèrent avec Jason pour aller à Colchos : il a peint surtout avec le plus grand soin Acaste et ses chevaux. L'enceinte consacrée à Aglaure est au-dessus du temple des Dioscures ; on raconte à son sujet qu'Athéna mit Erichthonios dans une boîte, qu'elle confia aux trois soeurs Aglaure, Hersé et Pandrose, en leur défendant de chercher à savoir ce qu'elle contenait. Pandrose lui obéit, dit-on, mais les deux autres ouvrirent la boîte, et dès qu'elles virent Erichthonios, elles devinrent furieuses, et se précipitèrent du haut du rocher où est la citadelle, de l'endroit même où il est le plus escarpé. C'est par cet endroit que les Mèdes y montèrent et tuèrent ceux qui, croyant avoir mieux saisi que Thémistocle le sens de l'oracle, avaient entouré la citadelle de pieux et de pièces de bois. Près de cette enceinte est le Prytanée où sont écrites les lois de Solon ; on y voit les statues de la Paix, d'Hestia, et de quelques hommes célèbres, entre autres, celle d'Autolycos le pancratiaste. Miltiade et Thémistocle y sont aussi, mais on a enlevé les inscriptions de leurs statues, pour y substituer les noms d'un Romain et d'un Thrace. En allant de là dans le bas de la ville, vous trouvez le temple de Sérapis, divinité que les Athéniens reçurent de Ptolémée ; le temple le plus célèbre que ce dieu ait en Egypte, est celui d'Alexandrie, et le plus ancien, celui de Memphis, où il n'est pas permis aux étrangers d'entrer, ni même aux prêtres, excepté lorsqu'on enterre le dieu Apis. A peu de distance du temple de Sérapis, est une petite place où Thésée et Pirithoos se concertèrent pour leur expédition contre Lacédémone et contre les Thesprotes. On a érigé près de là un temple à Ilithye qui vint, dit-on, du pays des Hyperboréens à Délos pour assister Latone dans ses couches. Les Déliens offrent des sacrifices à Ilithye, chantent en son honneur un hymne d'Olen, et disent que les autres peuples ont appris d'eux le nom de cette déesse, fille, suivant les Crétois, d'Héra, qui lui donna, le jour à Amnisos dans le pays de Cnosse. Les Athéniens sont les seuls chez qui les statues d'Ilithye, faites en bois, soient couvertes jusqu'aux pieds : deux de ces statues viennent de l'île de Crète et sont une offrande de Phèdre, si l'on en croit les femmes ; la plus ancienne a été apportée de Délos par Erysichthon. C'est l'empereur Adrien qui a fait ériger la nef du temple de Zeus Olympien, et une statue de ce dieu, admirable, moins par sa dimension, ( car à l'exception des colosses qu'on voit à Rhodes et à Rome, les autres statues colossales sont à peu près de la même taille,) que parce qu'elle est entièrement d'or et d'ivoire, et que malgré sa grandeur, elle est travaillée avec beaucoup d'art. Avant d'entrer dans ce temple, vous trouvez quatre statues de l'empereur Adrien, deux en marbre de Thassos, et deux en marbre Égyptien. Devant les colonnes, s'élèvent d'autres statues que les Athéniens appelle les statues des colonies. L'enceinte du temple qui n'a pas moins de quatre stades de tour, en est aussi remplie, chaque ville en ayant érigé une à l'empereur Adrien ; mais les Athéniens les ont toutes surpassées en plaçant derrière le temple la statue colossale de ce prince, qui mérite d'être vue. On remarque divers monuments anciens dans cette enceinte ; à savoir, un Zeus en bronze, le temple de Cronos et de Rhéa, et l'enceinte consacrée à la Terre surnommée Olympienne. Le sol de cette enceinte offre une ouverture d'environ une coudée, par laquelle on dit que les eaux s'écoulèrent après le déluge de Deucalion. On y jette tous les ans des gâteaux de farine de froment pétris avec du miel. Vous trouvez aussi dans l'enceinte du temple de Zeus Olympien une statue placée sur une colonne, et qui représente Isocrate : on a fait sur cet orateur trois observations importantes ; la première, qu'il fut très constant dans ses habitudes, n'ayant pas cessé d'avoir des disciples jusqu'à la fin de sa très longue vie, car il vécut nonante huit ans ; la seconde, qu'il se montra fort prudent, au point de ne vouloir jamais entrer dans les charges ni se mêler des affaires publiques ; la troisième enfin, qu'il aimait tellement la liberté, qu'à la nouvelle de la bataille de Chéronée, il se laissa mourir volontairement de chagrin. Il y a dans le même endroit un trépied en bronze supporté par des Perses en marbre de Phrygie ; les hommes et le trépied sont également dignes de remarques. L'ancien temple de Zeus avait été érigé par Deucalion, à ce que disent les Athéniens ; et pour prouver qu'il avait demeuré à Athènes, ils montrent son tombeau qui n'est pas très éloigné du temple actuel. Adrien a orné Athènes de plusieurs autres édifices qui sont, le temple d'Héra, celui de Zeus Panhellénien et le Panthéon. Mais on admire surtout des Portiques formés par cent-vingt colonnes de marbre de Phrygie et dont les murs sont du même marbre, on y voit des salles dont les plafonds sont ornés d'or et d'albâtre, et qui sont décorées de tableaux et des statues, elles contiennent des livres. Le Gymnase qui porte le nom d'Adrien est dans le même endroit; il est orné de cent colonnes de marbre de Libye. |
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