Les Trépieds sont une rue qui vient du Prytanée ; on lui donne ce nom à cause de quelques petits temples sur lesquels sont des trépieds de bronze qui contiennent des statues d'un très grand prix. On y voit le Satyre que Praxitèle regardait comme un de ses meilleurs ouvrages. Phryné, dont il était l'amant, lui ayant un jour demandé la plus belle de ses statues, il consentit, dit-on, à la lui donner, mais il ne voulut pas la désigner. Alors Phryné aposta un de ses esclaves qui vint en courant, dire que le feu ayant pris à la maison de Praxitèle, avait consumé la plus grande partie de ses ouvrages, que cependant tout n'avait pas péri. Praxitèle se précipita aussitôt à la porte en criant que tout le fruit de ses travaux était perdu, si la flamme n'avait pas épargné son Amour et son Satyre ; Phryné le rassura en lui disant qu'il n'y avait rien de brûlé ; mais que grâce à cette ruse, elle venait d'apprendre de lui-même, ce qu'il avait fait de mieux ; et elle choisit la statue de l'Amour. On voit dans le temple voisin, un Satyre encore enfant, présentant une coupe à Dionysos ; l'Amour debout, et le Dionysos qui est auprès, sont de Thymilos. Le temple de Dionysos qui est vers le théâtre, est le plus ancien de tous. Il y a dans la même enceinte deux temples et deux statues de Dionysos ; l'un est le Dionysos d'Eleuthères, et l'autre en ivoire et en or, est un ouvrage d'Alcamène. Les peintures qui ornent ce lieu sont Dionysos ramenant Héphaïstos au ciel. Les Grecs racontent que Héra ayant précipité Héphaïstos du ciel aussitôt après sa naissance, ce dieu, pour satisfaire son ressentiment, lui envoya en présent un trône où il y avait des liens invisibles, et Héra s'y étant assise, se trouva enchaînée ; aucun des autres dieux n'ayant pu fléchir Héphaïstos, Dionysos qui avait toute sa confiance, l'enivra et l'amena au ciel. On a aussi représenté dans ce temple Penthée et Lycurgue subissant la peine de leur conduite injurieuse envers Dionysos ; Ariane endormie, Thésée partant, et Dionysos venant enlever Ariane. Dans le voisinage du temple de Dionysos et du théâtre, est un édifice qui avait été bâti, dit-on, sur le modèle de la tente de Xerxès, il a été rebâti de nouveau, ayant été brûlé par Sylla, général Romain, après la prise d'Athènes. Voici les causes de cette guerre. Mithridate était roi des peuples barbares du pont Euxin : ceux qui veulent savoir sous quel prétexte il fit la guerre aux Romains, comment il passa en Asie, quelles sont les villes qu'il prit de force, ou qui acceptèrent son amitié, peuvent satisfaire ailleurs leur curiosité, je me bornerai à la prise d'Athènes. Aristion, que Mithridate employait dans ses ambassades aux villes grecques, était Athénien, et ce fut lui qui détermina ses concitoyens à préférer l'alliance de ce prince à celle des Romains ; il n'entraîna cependant pas tout le monde, mais seulement le bas peuple, et même ce qu'il y avait de plus turbulent ; les Athéniens d'un certain rang, passèrent d'eux-mêmes chez les Romains. Un combat s'étant livré, les Romains eurent un très grand avantage et poursuivirent jusque dans la ville, Aristion ; et jusque dans le Pirée, les barbares commandés par Archélaos ; ce dernier était aussi un des généraux de Mithridate ; il avait été repoussé précédemment avec une perte considérable, et avait même été blessé par les Magnésiens du mont Sipyle, dont il ravageait le pays. Les Romains ayant formé le siège d'Athènes, Taxilès, général de Mithridate, qui assiégeait alors Elatée dans la Phocide, instruit de l'état des Athéniens par leurs envoyés, se mit en marche pour l'Attique avec ses troupes. A cette nouvelle, le général Romain laissa une portion de son armée devant Athènes, pour en continuer le siège, et alla avec la plus grande partie de ses forces à la rencontre de Taxilès, dans la Béotie. Le troisième jour après, il reçut la nouvelle de la prise d'Athènes par l'armée qu'il avait laissée devant cette place, et cette armée apprit le même jour la défaite de Taxilès à Chéronée. Sylla de retour dans l'Attique, enferma dans le Céramique, les Athéniens qui s'étaient déclarés contre lui, et les ayant fait tirer au sort, en fit mourir un sur dix. Sa colère ne se relâchant point, quelques Athéniens sortirent secrètement de la ville ; et allèrent à Delphes demander à l'oracle, si la volonté du destin était qu'Athènes fut entièrement déserte, et la Pythie leur fit la réponse où il est question d'une outre. Sylla fut dans la suite atteint d'une maladie, de laquelle j'apprends que Pherecydes de Scyros avait déjà été affligé. Sa conduite envers un grand nombre d'Athéniens, fut beaucoup plus barbare qu'on ne devait l'attendre d'un Romain ; cependant j'attribue moins sa maladie à cet excès, qu'à la colère de Zeus Hikèsios irrité de ce qu'il avait fait mourir Aristion, après l'avoir arraché du temple d'Athéna, où il s'était réfugié. La ville d'Athènes réduite à la plus grande détresse par cette guerre des Romains, redevint florissante sous le règne de l'empereur Adrien. |
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