On voit dans la citadelle d'Athènes la statue de Périclès, fils de Xanthippos et celle de Xanthippos lui-même qui combattit à Mycale contre les Mèdes. Mais Périclès n'est pas dans le même endroit. Tout auprès de Xanthippos est placé Anacréon de Téos, le premier, après Sappho de Lesbos, qui ait consacré presque tous ses vers à l'amour. Vous diriez à le voir qu'il est dans l'ivresse et qu'il chante. On voit ensuite deux ouvrages de Dinomènes, Io, fille d'Inachos et Callisto, fille de Lycaon. Leur histoire est à peu près la même ; Zeus en fût amoureux, et Héra irritée les changea l'une en vache et l'autre en ourse. Vers le mur du Sud sont des figures représentant la guerre des dieux et des géants qui habitaient jadis l'Isthme de Pallène dans la Thrace ; le combat des Athéniens et des Amazones ; celui de Marathon contre les Mèdes et la défaite des Gaulois dans la Mysie. Ces figures, qui ont environ deux coudées de haut chacune, sont une offrande d'Attale. On y voit aussi Olympiodore qui se fit une grande réputation par ses actions éclatantes et surtout par les circonstances où il se trouva. Il rendit en effet le courage aux Athéniens tellement accablés par de fréquentes défaites, qu'ils n'osaient plus se livrer à des espérances flatteuses. L'échec qu'ils éprouvèrent à Chéronée fut le commencement de tous les maux de la Grèce, ceux qui n'avaient pas voulu prendre part au péril commun, et ceux qui s'étaient rangés avec les Macédoniens, ayant subi comme les autres le joug de l'esclavage. Philippe en effet s'empara de la plupart des villes, et tout en traitant de la paix avec les Athéniens, il leur fit dans la réalité beaucoup de mal en leur ôtant les îles et en les privant de l'empire de la mer. Ils demeurèrent quelque temps en repos sous le règne de Philippe et ensuite sous celui d'Alexandre ; mais après la mort de ce dernier, ils crurent ne pas devoir souffrir que la Grèce restât toujours sous le joug des Macédoniens, qui venaient de choisir Aridée pour roi, et de donner le commandement général à Antipater. Ils résolurent donc de prendre les armes pour leur liberté et invitèrent les autres peuples à les seconder. Athéniens ne voulussent rétablir Thèbes ; ils assistèrent au contraire les Macédoniens de toutes leurs forces. Chaque ville avait ses généraux particuliers, et on donna le commandement en chef à Léosthènes Athénien, à cause de la prééminence de sa patrie, et parce qu'il paraissait très entendu dans l'art militaire : il avait d'ailleurs de grands droits à la reconnaissance de toute la Grèce. Alexandre en effet voulant établir en Asie tous les Grecs qui étaient à la solde de Darios ou de ses satrapes, Léosthènes le prévint en les ramenant par mer en Europe. Il avait déjà surpassé par ses exploits les espérances qu'on avait conçues de lui, lorsque sa mort porta le découragement dans tous les esprits et fut la principale cause du peu de succès de cette entreprise : et les Athéniens se virent obligés de recevoir une garnison Macédonienne qui s'empara d'abord de Munychie, ensuite du Pirée et des longs murs. Antipater étant mort, Olympias revint de l'Epire, fit mourir Aridée et régna quelque temps, mais elle fut bientôt après assiégée et prise par Cassandre qui la livra à la multitude. Cassandre étant devenu roi (je laisse de côté ce qui n'a pas rapport aux Athéniens) s'empara de Salamine, de Panacte, lieu fortifié dans l'Attique, et donna pour tyran aux Athéniens, Démétrios fils de Phanostrate, qui était déjà renommé pour son savoir : celui-ci fut déposé par Démétrios, fils d'Antigone, qui, jeune alors, cherchait à mériter les louanges des Grecs ; mais Cassandre, dont la haine pour les Athéniens était encore très violente, s'étant attaché Lacharès, qui avait jusque là été à la tête du peuple, lui inspira le projet d'usurper l'autorité, et ce Lacharès fut de tous les tyrans que nous connaissons, le plus cruel et le plus impie. Démétrios, fils d'Antigone, quoiqu'il eût déjà quelques différends avec les Athéniens, les délivra cependant de la tyrannie de ce Lacharès, qui, voyant la ville prise, s'enfuit dans la Béotie ; comme il avait emporté les boucliers d'or de la citadelle, et dépouillé la statue d'Athéna de tous les ornements qui pouvaient se détacher, on lui soupçonna de très grandes richesses, et quelques habitants de Coronée le tuèrent pour s'en emparer. Démétrios, fils d'Antigone, ayant rendu la liberté aux Athéniens, ne leur rendit cependant pas le Pirée aussitôt après la fuite de Lacharès, et les ayant vaincus quelque temps après, il mit une garnison dans leur ville même, et fortifia à cet effet le Musée, colline située en face de la citadelle, dans l'ancienne enceinte de la ville. Le poète Musée, chantait, dit-on, ses vers sur cette colline, et quand il mourut de vieillesse, il y fut enterré. On y a dans la suite érigé un tombeau à un Syrien. Démétrios s'empara donc du Musée, et le fit fortifier. |
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