Quelques Athéniens étant venus dans la suite à réfléchir sur la gloire de leurs ancêtres, et sur la prééminence que leur patrie avait perdue, prirent à l'instant même Olympiodore pour général. Comptant beaucoup plus sur leur bonne volonté que sur leurs forces réelles, il les conduisit tous sur-le-champ, jeunes gens et vieillards, contre les Macédoniens ; ces derniers étant venus à sa rencontre, il les défit et prit le Musée où ils s'étaient réfugiés : c'est ainsi qu'Athènes fut délivrée du joug des Macédoniens. Les Athéniens combattirent tous avec beaucoup de valeur, mais celui qui montra le plus d'intrépidité, fut Léocrite, fils de Protarchos ; le premier il monta sur le mur et il s'élança le premier dans le Musée ; il fut tué dans le combat, et les Athéniens entre autres honneurs qu'ils lui décernèrent, consacrèrent son bouclier dans le temple de Zeus Eleuthérios et y inscrivirent son nom et ses exploits. Voilà l'action la plus éclatante d'Olympiodore. Il reprit en outre le Pirée et Munychie ; et ayant rassemblé les Eleusiniens, il défit les Macédoniens, qui faisaient des incursions dans leur pays. Avant ces derniers événements, il s'était rendu par mer en Étolie, et avait engagé les Étoliens à venir au secours de l'Attique, dans laquelle Cassandre était entré avec une armée ; et les Athéniens durent principalement à cette alliance la cessation des hostilités de Cassandre. Les Athéniens ont honoré la mémoire d'Olympiodore par divers monuments érigés dans le Prytanée et dans la citadelle, et par un tableau placé à Eleusis : et les Phocéens d'Élatée lui ont érigé à Delphes une statue en bronze, en reconnaissance de ce qu'il les secourut lorsqu'ils secouèrent le joug de Cassandre. Près de la statue d'Olympiodore est une Artémis en bronze, surnommée Leucophryné. C'est une offrande des fils de Thémistocle : les Magnètes, dont le roi de Perse avait donné le gouvernement à Thémistocle, adorent effectivement Artémis Leucophryné. Mais mon intention étant de décrire toute la Grèce, il faut que j'aille en avant. Endoios, Athénien et élève de Dédale, le suivit dans l'île de Crète lorsqu'il fut exilé à cause du meurtre de Calos ; l'Athéna assise est de lui, et l'inscription porte qu'elle a été offerte par Callias et faite par Endoios. On donne le nom d'Erechthéion à un édifice devant l'entrée duquel est l'autel de Zeus Hypatos (très haut) ; on n'y sacrifie rien qui ait eu vie ; on y offre seulement des gâteaux et on ne se sert point de vin dans ces sacrifices. En entrant dans cet édifice vous trouvez trois autels : le premier est dédié à Poséidon ; on sacrifie aussi sur cet autel à Erechthée, d'après un oracle ; le second est dédié au héros Boutès, et le troisième à Héphaïstos. Les peintures qu'on voit sur les murs sont relatives à la famille des Boutades. Cet édifice est doublé et on y trouve un puits d'eau de mer, ce qui n'est pas très surprenant, car il y en a dans plusieurs endroits au milieu des terres, entre autres à Aphrodisie dans la Carie ; mais ce que celui-ci offre de remarquable, c'est que lorsque le vent du sud souffle, on y entend un bruit pareil à celui des flots. Il y a sur le rocher l'empreinte d'un trident ; cette empreinte et ce puits sont les signes que Poséidon fit paraître pour prouver que le pays lui appartenait. La ville d'Athènes est en général consacrée à Athéna, ainsi que tout le pays ; car dans les bourgs même où l'on honore plus particulièrement certaines divinités, on n'en rend pas moins un culte solennel à Athéna : mais de toutes les statues de la déesse, la plus vénérée est celle qu'on voit dans la citadelle nommée anciennement Polis (la ville). Déjà même elle était l'objet du culte de tous les peuples de l'Attique avant qu'ils se fussent réunis. L'opinion commune est que cette statue tomba jadis du ciel, je n'examinerai pas si elle est vraie ou non. La lampe consacrée à la déesse est l'ouvrage de Callimaque, on ne la remplit d'huile qu'une fois par an, et elle brûle jusqu'à pareil jour de l'année suivante, quoiqu'elle soit allumée jour et nuit. La mèche est de lin Carpasien, le seul qui brûle sans se consumer. La fumée se dissipe par le moyen d'un palmier de bronze placé au-dessus de la lampe et qui s'élève jusqu'au plafond. Callimaque, qui a fait cette lampe, quoique inférieur aux sculpteurs du premier ordre, quant à l'art en lui-même, s'éleva cependant au-dessus de tous par son intelligence ; car il inventa le premier le moyen de forer le marbre. Il prit le nom de Catatechnos, où peut-être ce nom lui fut-il donné par d'autres, et ne fit-il que l'adopter. |
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