On voit dans le temple d'Athéna Poliade un Hermès en bois qui est, à ce qu'on dit, une offrande de Cécrops ; on l'aperçoit à peine à cause des branches de myrte qui le couvrent. Les offrandes les plus remarquables, sont parmi les anciennes une chaise pliante, ouvrage de Dédale ; quelques dépouilles des Mèdes, à savoir la cuirasse de Masistios, qui commandait leur cavalerie à la bataille de Platées, et un sabre qui passe pour celui de Mardonios. Masistios fut bien tué par des cavaliers Athéniens ; mais Mardonios fut tué par un Spartiate, et les Lacédémoniens contre qui ils combattent, n'ayant pas pris son sabre eux-mêmes, ne l'auraient certainement pas laissé prendre aux Athéniens. Quant à l'olivier, les Athéniens, savent seulement que c'est celui que la déesse produisit pour prouver que le pays lui appartenait. Il fut brûlé, ajoutent-ils, lorsque les Mèdes mirent le feu à la ville, et il repoussa dans la nuit à deux coudées ou environ de hauteur. Le temple de Pandrose est contigu à celui d'Athéna ; Pandrose est la seule des trois filles de Cécrops, qui ait respecté le dépôt fait par la déesse. Une circonstance m'a singulièrement étonné : je crois devoir la rapporter, parce qu'elle est peu connue. Deux jeunes filles que les Athéniens nomment les Arrhéphores, logent à peu de distance du temple d'Athéna, et même, durant un certain temps, elles y prennent leur nourriture. La fête étant arrivée, voici ce qu'elles font pendant la nuit. Elles prennent sur leur tête ce que la prêtresse de la déesse leur donne à porter, elles ignorent ce que c'est, et la prêtresse ne le sait pas elle-même. Il y a dans la ville, à peu de distance de l'Aphrodite dans les jardins, une enceinte où se trouve un chemin souterrain ouvert par la nature, elles descendent par-là, laissent au fonds ce qu'on leur a donné, et elles reçoivent et rapportent quelque autre chose, également couverte. On les congédie ensuite, et on les remplace par deux autres jeunes filles qu'on amène dans la citadelle. Près du temple d'Athéna est une statue de vieille femme assez bien faite, qui n'a guère qu'une coudée de haut, on dit que c'est Lysimache prêtresse d'Athéna. Vous y voyez aussi deux grandes statues de bronze représentant deux hommes qui combattent ensemble ; on donne à l'un le nom d'Erechthée, et à l'autre celui d'Eumolpe ; mais les Athéniens, au moins ceux qui connaissent les Antiquités de leur pays, savent que ce dernier est Immarados, fils d'Eumolpe, qui fut tué par Erechthée. On a placé sur un piédestal la statue de Tolmidès, et celle de .?. son devin. Ce Tolmidès, à la tête d'une escadre Athénienne, alla ravager le Péloponnèse et d'autres pays. Il brûla vers Gythio les loges destinées aux vaisseaux, des Lacédémoniens, ainsi que Boiai, l'une des villes du territoire de Sparte. Il prit l'île de Cythère, débarqua dans la Sicyonie, défit les Sicyoniens qui avaient pris les armes pour s'opposer à ses ravages, et les ayant mis en fuite, les poursuivit jusque dans la ville. De retour dans sa patrie, il conduisit des Athéniens en colonie dans l'Eubée et à Naxos. Il entra ensuite dans la Béotie avec une armée, en ravagea une grande partie, assiégea et prit Chéronée, mais s'étant avancé jusqu'à Haliarte, il fut tué en combattant, et son armée fut complètement défaite. Voilà ce que j'ai appris de l'histoire de Tolmidès. Il y a dans la citadelle quelques anciennes statues d'Athéna encore entières, mais si noires et si calcinées, qu'elles ne résisteraient pas au moindre coup ; elles furent, ainsi que tout le reste, la proie des flammes, lorsque le roi des Mèdes prit la ville que les Athéniens en âge de porter les armes avaient abandonnée pour monter sur leurs vaisseaux. On y remarque aussi une chasse au sanglier (est-ce le sanglier de Calydon? je l'ignore) et le combat d'Héraklès et de Cygnos. On dit que ce Cygnos avait déjà tué plusieurs personnes, entre autres Lycos de Thrace ; il les engageait au combat, en promettant un prix à celui qui pourrait le vaincre. Héraklès le tua aux environs du fleuve Pénée. Les Troezéniens ont sur Thésée diverses traditions et ils racontent qu'Héraklès étant venu voir Pitthée, quitta sa peau de lion pour se mettre à table. Plusieurs enfants de Troezène parmi lesquels était Thésée âgé tout au plus de sept ans, s'approchèrent de lui : mais à la vue de cette peau ils s'enfuient tous, à l'exception de Thésée, qui, loin de montrer aucun effroi, arracha une hache des mains de quelqu'un des valets, et fondit courageusement sur ce qu'il croyait un lion véritable. Ils racontent en second lieu, qu'Egée ayant caché sous une pierre une épée et une chaussure qui devaient un jour servir à son fils à se faire reconnaître, s'embarqua pour Athènes. Thésée, lorsqu'il eut atteint l'âge de seize ans, souleva la pierre, prit ce qu'Egée avait caché dessous et s'en alla. Ce dernier trait est représenté dans la citadelle ; tout est en bronze, à l'exception de la pierre. On y a représenté un autre exploit de Thésée, qu'on raconte ainsi. Un Taureau ravageait divers cantons de l'île de Crète, surtout les environs du fleuve Téthrin. Il y avait anciennement de ces monstres qui répandaient la terreur parmi les hommes, comme le sanglier de Calydon, celui d'Erymanthe, la Laie de Crommyon près Corinthe, le lion de Némée, celui du Parnasse et les serpents, qui ont existé dans plusieurs endroits de la Grèce. Ces monstres, disait-on, avaient été, les uns produits par la terre, les autres consacrés à quelque dieu, d'autres enfin, avaient été envoyés pour la punition des mortels. Les Crétois disent que Poséidon, irrité de ce que Minos, maître des mers de la Grèce, ne lui rendait pas des honneurs plus grands qu'aux autres dieux, envoya ce Taureau dans leur pays. Héraklès le transporta de l'île de Crète dans le Péloponnèse, et ce fut l'un de ses douze travaux. Il le lâcha dans les plaines d'Argos, et ce Taureau s'étant enfui, traversa l'isthme de Corinthe, et vint dans l'Attique aux environs de Marathon : il tua sur son passage plusieurs personnes, entre autres Androgée, fils de Minos. Persuadé que les Athéniens n'étaient pas innocents de la mort de son fils, Minos vint à la tête d'une escadre fondre sur l'Attique, et maltraita tellement les Athéniens, qu'il furent forcés de lui accorder sept jeunes garçons et autant de filles pour le Minotaure qui demeurait, dit-on, à Cnossos, dans le labyrinthe. On ajoute que Thésée amena dans la suite ce Taureau dans la citadelle et l'offrit en sacrifice à Athéna. Cet exploit a été consacré par un monument qui est une offrande du bourg de Marathon. |
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