Pour en revenir à mon sujet, on voit à Salamine, d'une part, un temple d'Artémis, de l'autre, le trophée de la victoire que les Grecs durent aux conseils de Thémistocle, fils de Néoclès, et le temple de Cychrée. Les Athéniens racontent que durant le combat naval contre les Mèdes, un serpent se montra au milieu de leurs vaisseaux et que l'oracle leur dit que c'était le héros Cychrée. Devant Salamine est une île nommée Psyttalie où débarquèrent, dit-on, environ quatre cents barbares. Les Grecs y passèrent après leur victoire et les tuèrent tous. Excepté quelques statues en bois du Dieu Pan, d'un travail très grossier, cette île n'offre rien de remarquable. En allant d'Athènes à Eleusis par la voie sacrée, on trouve le tombeau du Hérault Anthémokritos, que les Athéniens avaient envoyé dire aux Mégaréens de ne pas cultiver à l'avenir le terrain consacré aux grandes déesses. Les Mégaréens le tuèrent , et cet attentat impie ne leur a pas encore été pardonné par ces divinités ; car ils sont, de tous les Grecs les seuls pour lesquels l'Empereur Adrien n'ait rien fait. Après le cippe consacré à la mémoire d'Anthémokritos, vous trouvez le tombeau de Molossos l'un des généraux que les Athéniens choisirent pour aller dans l'Eubée au secours de Plutarque. Scyros, petit canton voisin, a pris son nom de Scyros qui vint de Dodone pour assister comme devin les Eleusiniens alors en guerre avec Erechthée. Il fit bâtir à Phalère l'ancien temple d'Athéna Skyras. Il fut tué dans le combat contre Erechthée, et les Eleusiniens l'enterrèrent près d'un torrent, qui, ainsi que le canton, a pris le nom de ce héros. On voit près de là le tombeau de Céphisodore, qui se trouvant à la tête du peuple, opposa une résistance très vigoureuse à Philippe, fils de Démétrios, roi de Macédoine ; il ménagea aux Athéniens l'alliance d'Attale, roi de Mysie ; de Ptolémée, roi d'Egypte ; des Étoliens, des Rhodiens et des Crétois ; mais les secours de l'Egypte, de la Mysie et de l'île de Crète, se faisant attendre, et les vaisseaux qui formaient la seule force des Rhodiens ne pouvant pas être d'une grande utilité contre les Hoplites Macédoniens, Céphisodore passa en Italie avec quelques autres Athéniens, et alla implorer l'assistance des Romains ; ceux-ci leur ayant envoyé une armée et un général, abaissèrent tellement la puissance de Philippe et des Macédoniens, que Persée, fils de Philippe, fut dans la suite privé de son royaume et même emmené captif à Rome. Ce Philippe était fils de Démétrios ; Démétrios avait fait entrer le royaume de Macédoine dans sa maison, en tuant, comme nous l'avons dit précédemment, Alexandre, fils de Cassandre. |
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