Le tombeau d'Orsippos est auprès de celui de Coroebos. Cet Orsippos, contre l'usage ancien des Athlètes, qui portaient toujours une ceinture dans les jeux publics, gagna tout nu le prix de la course aux jeux Olympiques. On raconte que dans la suite étant devenu général des Mégaréens, il augmenta leur territoire aux dépends de leurs voisins. Je crois qu'il laissa volontairement tomber sa ceinture, sachant bien qu'il était plus facile de courir entièrement nu, qu'avec une ceinture. En descendant de la citadelle par le chemin nommé la rue droite, vous trouvez le temple d'Apollon Prostaterios : il est à droite de la rue quand vous vous détournez un peu. La statue d'Apollon mérite d'être vue. Vous y apercevez aussi une Artémis, une Latone et d'autres statues, ainsi qu'un groupe représentant Latone et ses enfants, ouvrage de Praxitèle. Dans l'ancien Gymnase, près des portes Nymphides, est une petite pierre taillée en Pyramide ; et nommée Apollon Carinos. Il y a dans le même endroit un temple des Ilithyes. C'est là tout ce que la ville offre de curieux. En descendant dans le port qui conserve encore aujourd'hui le nom de Nysée, vous trouvez le temple de Déméter Malophoros, qui fut nommée ainsi par ceux qui élevèrent les premiers des troupeaux dans le pays. On donne encore d'autres raisons de ce surnom. Le toit du temple est tombé, probablement de vétusté. Dans le même lieu s'élève une citadelle qui porte aussi le nom de Nysée ; en descendant de cette citadelle, vous apercevez près de la mer le tombeau de Lélex qui, suivant les Mégaréens, était fils de Poséidon, et de Libye, fille d'Epaphos, et vint de l'Egypte dans la Mégaride, dont il fut roi. Devant Nysée est une petite île où les vaisseaux Crétois restèrent mouillés, pendant que Minos faisait la guerre à Nisos. La Mégaride est séparée de la Béotie par des montagnes dans lesquelles sont situées Pagae et Aegosthènes, villes qui appartiennent aux Mégaréens. On voit en allant à Pagae, à peu de distance de la route, un rocher tout criblé des flèches tirées par les Mèdes pendant la nuit. Il ne reste de remarquable à Pagae, que la statue en bronze d'Artémis Soteira, qui est de la même grandeur et de la même forme que celle de Mégare, et le monument héroïque d'Aigialéos, fils d'Adraste. Il fut tué dans le premier combat qui se livra vers Glisante, lorsque les Argiens allèrent pour la seconde fois assiéger Thèbes. Ses parents apportèrent son corps à Pagae dans la Mégaride, l'y enterrèrent, et son monument porte encore le nom d'Aigialéos. A Aegosthènes se voit le temple de Mélampos, fils d'Amythaon, et dans ce temple un homme de petite stature sculpté sur un cippe, [qui est Mélampos lui-même]. Des sacrifices lui sont offerts, et chaque année, une fête est célébrée en son honneur. On ne dit cependant pas qu'il prédise l'avenir ni par songes, ni autrement. Voici une autre tradition que j'ai recueillie à Erénie, bourg de la Mégaride. Les gens du pays disent qu'Autonoé, fille de Cadmos, inconsolable de la mort d'Actéon, et de tous les malheurs qui avaient affligé la maison de son père, abandonna Thèbes et se retira dans ce bourg où elle mourut, et où se voit encore son tombeau. La route de Mégare à Corinthe est bordée de plusieurs autres tombeaux. Le premier est celui de Téléphanes de Samos, joueur de flûte ; il lui fut érigé, dit-on, par Cléopâtre, fille de Philippe, fils d'Amyntas. Celui de Car, fils de Phoronée n'était d'abord, qu'un monceau de terre, mais dans la suite, il fut revêtu de marbre à coquille, d'après les ordres de l'oracle. Ce marbre est très blanc, plus tendre que le marbre ordinaire, et tout rempli de coquilles de mer. La Mégaride est le seul pays de la Grèce où il se trouve, et on l'emploie à beaucoup d'usages dans la ville de Mégare. Sciron étant Polémarque des Mégaréens, rendit le premier praticable aux gens de pied, la route qui porte encore son nom. L'empereur Adrien l'a fait élargir et arranger, de sorte que deux chars peuvent y passer l'un à côté de l'autre. Vers l'endroit où le chemin est le plus étroit, s'élèvent des roches, célèbres par diverses traditions. Ce fut, dit-on, de la roche Moluride qu'Ino se jeta dans la mer avec Mélicerte le plus jeune de ses fils, quand l'aîné nommé Léarque eut été tué par Athamas. Les uns disent qu'il se porta à cette action, dans un accès de démence : suivant d'autres, il était furieux contre Ino et contre les enfants qu'il avait eus d'elle, depuis qu'il savait que la famine d'Orchomène et la mort de Phrixos, qu'il croyait réelle, ne devaient point être attribuées aux Dieux, mais que tout ces malheurs provenaient des machinations d'Ino, belle mère de Phrixos. Celle-ci prit alors la fuite, et se précipita dans la mer avec son fils du haut de la roche Moluride. Le corps de l'enfant ayant été, dit-on, porté par un Dauphin vers l'Isthme de Corinthe, il obtint sous le nom de Palaemon, différents honneurs, parmi lesquels il faut compter l'institution des jeux Isthmiques. Les Mégaréens ont consacré la roche Moluride à Leucothée et à Palaemon. Les roches qui suivent sont en horreur, parce que Sciron, qui en était voisin, précipitait du haut de ces roches dans la mer, tous les étrangers qu'il rencontrait ; et une tortue qui se tenait dans les flots au bas de cet endroit, les enlevait. La mer produit en effet des tortues qui ne diffèrent de celles de terre que par la grandeur, et par la forme des pieds qui sont faits comme ceux des Phoques. Sciron subit la loi du talion, car Thésée le précipita lui-même dans la mer au même endroit. Le temple de Zeus Aphésios est sur le sommet de la montagne. On dit que la Grèce étant affligée d'une grande sécheresse, Eaque, d'après un certain oracle, offrit un sacrifice à Zeus Panhellénien qu'on adorait à Egine. Et c'est par cette raison que Zeus fut surnommé Aphésios. Aphrodite, Apollon et Pan ont aussi chacun une statue sur cette montagne. En avançant un peu, vous trouvez le tombeau d'Eurysthée, et les gens du pays disent que ce prince, ayant été vaincu dans l'Attique par les Héraclides, fut poursuivi par Iolaos, qui le tua en cet endroit. En continuant à descendre par ce chemin, vous voyez le temple d'Apollon Latoos, et ensuite les limites entre la Mégaride et le pays de Corinthe. Ce lieu est désigné comme celui du combat singulier qui eut lieu entre Hyllos et Echémos Arcadien. |
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