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Retour des Héraclides. Pythagore. Bois sacré d'Hébé. Citadelle. Chèvre de bronze. Maison d'Amphiaraos. Cyathos.
     Lorsque les Héraclides revinrent, tout le Péloponnèse, à l'exception de l'Arcadie, fut bouleversé, de sorte que dans plusieurs villes, on admit les Doriens, et que dans beaucoup d'autres, les anciens habitants furent entièrement chassés. Quant à Phlionte, voici ce qui s'y passa. Rhégnidas Dorien, fils de Phalces, fils de Téménos, y ayant amené des troupes d'Argos et de Sicyone, une partie des Phliasiens, satisfaits des propositions de Rhégnidas, consentaient à rester dans le pays, en le reconnaissant pour roi, et en faisant un nouveau partage des terres avec les Doriens, tandis qu'Hippasos et ses partisans disaient qu'il fallait se défendre et ne pas abandonner ainsi aux Doriens sans coup férir des possessions vastes et fertiles. Le peuple ayant rejeté ce dernier avis, Hippasos s'enfuit à Samos avec ceux qui voulurent le suivre. C'est de cet Hippasos que le sage Pythagore descendait à la quatrième génération, car il avait pour père Mnésarque, fils d'Euphronios, fils d'Hippasos. Voilà comment les Phliasiens racontent leur histoire, et les Sicyoniens sont d'accord avec eux sur la plupart de ces choses.
     Il me reste maintenant à décrire ce que le pays offre de plus remarquable. Vous verrez d'abord dans la citadelle de Phlionte un bois de cyprès, puis un temple qui depuis les siècles les plus reculés est l'objet d'une très grande vénération. La déesse qu'on y adore portait anciennement dans le pays, le nom de Ganymède ; elle prit dans la suite celui d'Hébé, et Homère la nomme ainsi dans le récit du combat singulier entre Alexandre et Ménélas, où il dit qu'elle versait à boire aux Dieux ; et dans la descente d'Odysseos aux enfers, où il nous apprend qu'elle était l'épouse d'Héraklès. Olen dans son hymne à Héra dit que cette déesse avait été élevée par les Saisons et que ses enfants étaient Arès et Hébé. Les Phliasiens rendent à Hébé différents honneurs dont le plus considérable est le droit d'asile attaché à son temple. Ceux qui étaient enchaînés avant de s'y réfugier, consacrent leurs fers en les suspendant aux arbres qui sont dans le bois. On célèbre aussi tous les ans, en l'honneur de la déesse, une fête qu'on nomme les Kissotomes (jours où l'on coupe le lierre). Il n'y a dans ce temple aucune statue ni gardée en secret, ni exposée à la vue ; et ils se fondent pour en agir ainsi, sur une tradition sacrée.
     Au sortir de l'enceinte à gauche, vous trouvez un temple d'Héra avec sa statue en marbre de Paros. Il y a dans la citadelle une autre enceinte consacrée à Déméter, et dans cette enceinte un temple avec les statues de Déméter et de sa fille. On voit dans le même endroit une Artémis en bronze qui m'a paru ancienne. En descendant de la citadelle vous trouvez à droite le temple d'Esculape et la statue du Dieu, qui est représenté sans barbe. Le théâtre est au-dessous de ce temple ; à peu de distance du théâtre on voit un autre temple de Déméter avec des statues assises, toutes anciennes. Il y a sur la place publique une chèvre en bronze, dorée en grande partie ; voici l'origine des honneurs que lui rendent les Phliasiens. La constellation de la Chèvre à son lever, fait souvent du mal aux vignes ; les Phliasiens pour détourner sa maligne influence, décernèrent divers honneurs à la chèvre qui est sur la place publique, et la dorèrent. On y voit aussi le tombeau d'Aristias, fils de Pratinas. Les drames satyriques d'Aristias et de son père sont les plus estimés après ceux d'Eschyle. Il y a derrière la place publique un édifice qu'on appelle la maison fatidique. Les Phliasiens disent qu'Amphiaraos ayant dormi une nuit dans cette maison, commença dès lors à prédire l'avenir ; il n'était auparavant, suivant eux, qu'un homme ordinaire et nullement versé dans l'art de la divination. On voit à peu de distance de là, l'endroit nommé Omphalos (le nombril), qui, si l'on en croit les Phliasiens, est le milieu du Péloponnèse. En avançant, vous trouvez un ancien temple de Dionysos, celui d'Apollon et celui d'Isis. La statue de Dionysos est exposée à la vue de tout le monde, ainsi que celle d'Apollon, mais il n'est permis qu'aux prêtres de voir celle d'Isis.
     Les Phliasiens racontent aussi qu'Héraklès à son retour de la Libye, d'où, il avait apporté les pommes des Hespérides, vint à Phlionte pour quelque affaire particulière, Oenée, qui lui avait donné précédemment sa fille en mariage, y vint de l'Etolie ; un jour qu'il mangeait chez Héraklès, ou qu'Héraklès mangeait chez lui, le jeune Cyathos, son échanson, ne versant pas à boire au gré d'Héraklès, ce héros le frappa d'un de ses doigts à la tête. Ce jeune garçon mourut sur-le-champ, et les Phliasiens consacrèrent à sa mémoire un édifice qui est vers le temple d'Apollon : on y voit deux statues en marbre, représentant Cyathos, qui offre une coupe à Héraklès.

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