En prenant la route qui conduit directement à Masès, si vous tournez à gauche, après avoir marché sept stades, vous trouvez le chemin d'Halice. Cette ville, déserte maintenant, était jadis habitée, et il est question d'Halice sur les cippes des Epidauriens, dont les inscriptions nous apprennent les guérisons faites par Esculape. Je ne connais, du reste, aucun écrit digne de confiance, où il soit parlé de la ville d'Halice ou de ses habitants. La route qui y conduit passe entre le mont Pron et celui qui, connu anciennement sous le nom de Thornax, s'appela depuis Kokkygion, parce que Zeus s'y métamorphosa, dit on, en coucou. Zeus a un temple au sommet de cette montagne, comme Héra au sommet du Pron. Au bas du Kokkygion est un autre temple, qui n'a plus ni portes, ni toit, ni statue. On dit qu'il était dédié à Apollon. Arrivé là, si vous quittez la grande route, vous trouvez un chemin qui vous conduit à Masès, ancienne ville dont parle Homère dans le catalogue des Argiens. Elle sert maintenant de port aux Hermionéens. En sortant de Masès, vous prenez le chemin à droite et vous allez au promontoire Stroythoynta ( tête de moineau ). Par les sommets des montagnes, la distance est de deux cents cinquante stades depuis ce promontoire jusqu'à Philanorion et Bolées : ce dernier nom désigne des tas de pierres choisies. De là, on compte vingt stades jusqu'à un autre endroit nommé Didyme, où l'on voit un temple d'Apollon, un temple de Poséidon et un temple de Déméter. Leurs statues sont en marbre blanc, et les représentent debout. De ce lieu, vous passez à celui où était jadis Asiné, ville des Argiens, dont les ruines s'aperçoivent encore sur les bords de la mer. Les Lacédémoniens étant entrés dans l'Argolide avec une armée commandée par Nicandre, fils de Charillos, fils de Polydectes, fils d'Eunomos, fils de Prytanis, fils d'Eurypon. Les Asinéens se joignirent à eux pour ravager l'Argolide ; mais, lorsque les Lacédémoniens se furent retirés, les Argiens, avec Eratos leur roi, allèrent attaquer Asiné. Les Asinéens se défendirent pendant quelques temps, et tuèrent plusieurs Argiens, entre autres Lysistrate, l'un des principaux ; mais, voyant que leurs murs allaient être pris, ils s'embarquèrent avec leurs femmes et leurs enfants, et abandonnèrent leur ville. Les Argiens la rasèrent et en réunirent le territoire au leur, ils laissèrent cependant subsister le temple d'Apollon Pythaeos, qui se voit encore maintenant, et auprès duquel ils enterrèrent Lysistrate. Il n'y a pas plus de quarante stades d'Argos à la mer voisine de Lerne. En descendant à Lerne, vous trouvez d'abord sur la route l'Erasinos, qui se jette dans le Phrixos ; et le Phrixos se perd lui-même dans la mer entre Téménion et Lerne. Prenant à gauche de l'Erasinos, après avoir fait à peu près huit stades, vous arrivez au temple des Dioscures. Leurs statues sont en bois, et de la même forme que celles qui sont dans la ville. Retournant à la grande route vous traversez l'Erasinos, et vous arrivez au fleuve Cheimarrhos. Près de ce fleuve est une enceinte entourée de pierres ; c'est par là, dit-on, qu'Hadès, après avoir enlevé la fille de Déméter, redescendit dans les états souterrains, dont on lui attribue l'empire. Lerne est, connue je l'ai déjà dit, sur les bords de la mer. On y célèbre en l'honneur de Déméter les mystères Lernéens. Le bois sacré commence au mont Pontinos. Les eaux de la pluie, au lieu de se perdre, se réunissent dans le sein de cette montagne, et il en sort un fleuve qui porte aussi le nom de Pontinos. On trouve sur le sommet de ce mont le temple d'Athéna Saitide, dont il ne reste plus que les ruines ; et les fondements de la maison d'Hippomédon, qui alla au siège de Thèbes avec Polynice, fils d'Oedipe. |
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