Nous allons maintenant passer à l'autre branche. Proclès fils d'Aristodème eut un fils qu'il nomma Soos. Eurypon, fils de Soos, se rendit si célèbre, dit-on, que les rois de cette maison connus jusqu'à lui sous le nom de Proclides, prirent alors celui d'Eurypontides. L'inimitié des Lacédémoniens pour les Argiens prit naissance sous le règne de Prytanis fils d'Eurypon, mais déjà, avant tout sujet de plainte, les Lacédémoniens avaient fait la guerre aux Cynuréens. Sparte resta en paix sous les deux générations suivantes, durant les règnes d'Eunomos, fils de Prytanis et de Polydectes, fils d'Eunomos. Charillos fils de Polydectes fit une invasion dans le pays des Argiens, qu'il dévasta. Peu d'années après, sur la foi d'un oracle ambigu, les Spartiates commandés par Charillos, firent leur expédition contre les Tégéates, qu'ils comptaient bien subjuguer, et ils se proposaient de détacher le pays de Tégée du reste de l'Arcadie. Charillos étant mort, Nicandre son fils prit la couronne, et ce fut sous son règne que Téléclos roi de l'autre branche fut tué par les Messéniens dans le temple d'Artémis Limnas. Nicandre, entra, aussi dans l'Argolide avec une armée et en ravagea la plus grande partie. Les Asinéens qui avaient pris part à cette expédition des Lacédémoniens, en furent bientôt après punis par les Argiens qui détruisirent entièrement leur ville et les chassèrent du pays. Quant à Théopompe, fils de Nicandre et qui régna après lui, je serai obligé d'en parler de nouveau dans la description de la Messénie ; il régnait encore à Sparte, lorsque les Lacédémoniens et les Argiens se livrèrent le combat célèbre au sujet du pays de Thyrée, mais la vieillesse et encore plus le chagrin ne permirent pas à Théopompe de se trouver à cette affaire ; il avait en effet eu le malheur de voir mourir avant lui Archidamos son fils qui n'était cependant pas mort sans enfants, puisqu'il avait donné le jour à Zeuxidamos, successeur de Théopompe, et père d'Anaxidamos auquel il laissa le trône. Les Messéniens, sous le règne d'Anaxidamos, furent vaincus pour la seconde fois par les Spartiates et quittèrent le Péloponnèse. Anaxidamos fut père d'Archidamos, et celui-ci d'Agasiclès. Ces deux derniers eurent le bonheur de voir leur règne s'écouler tranquillement et sans guerre. Ariston, fils d'Agasiclès ayant épousé une femme, qui après avoir été la fille la plus laide de Lacédémone, était devenue la plus belle par l'intercession d'Hélène, en eut Démarate au bout de sept mois de mariage. Il était assis au Sénat avec les Ephores, lorsqu'un esclave vint lui annoncer que sa femme était accouchée d'un fils ; et soit qu'il eût oublié les vers d'Homère au sujet de la naissance d'Eurysthée, soit qu'il ne les eût jamais connus, il dit que vu le nombre de mois qui s'était écoulé depuis son mariage, cet enfant ne pouvait pas être de lui, propos dont il se repentit bien dans la suite. Cette imprudence d'Ariston et l'inimitié de Cléomène firent perdre la couronne à Démarate, qui jouissait au reste de beaucoup de considération à Sparte, et qui, de concert avec Cléomène, avait affranchi les Athéniens de la tyrannie des Pisistratides. Démarate se retira vers Darios, roi des Perses, et sa postérité subsista, dit-on, longtemps en Asie. Léotychides qu'on fit roi à la place de Démarate se trouva au combat de Mycale avec les Athéniens commandés par Xanthippos fils d'Ariphron. Ensuite il alla faire la guerre aux Aleuades dans la Thessalie, et il ne tint qu'à lui de soumettre tout ce pays, la victoire ayant constamment accompagné ses armes, mais il se laissa gagner par les présents des Aleuades ; les Lacédémoniens ayant voulu lui faire son procès, il s'enfuit à Tégée, et il se mit sous la protection d'Athéna Aléa. Comme Zeuxidamos son fils était mort de maladie avant son exil, Archidamos, fils de Zeuxidamos prit la couronne, lorsque Léotychides se fut retiré à Tégée. Cet Archidamos fit les plus grands maux aux Athéniens, en entrant tous les ans dans leur pays avec son armée, et en y portant le ravage de tous côtés. Il assiégea et prit la ville des Platéens qui étaient toujours restés attachés aux Athéniens. La guerre du Péloponnèse avait cependant été entreprise contre son avis, et il avait fait tout ce qui dépendait de lui pour que la trêve fût maintenue. Sthénélaïdas qui jouissait de quelque crédit à Sparte, et qui se trouve à Ephores à cette époque, fut le principal auteur de cette rupture : une guerre en résulta qui ébranla jusqu'en ses fondements la Grèce jusqu'alors ferme dans son assiette, et la réduisit à un tel degré de décadence et de dépérissement, que Philippe, fils d'Amyntas, saisit cette occasion de lui porter les derniers coups. |
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