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Tombeaux. Le quartier Theomélida. La Lesché des Crotanes. Chionis. Temple de Thétis. Le Plataniste, quartier de Sparte. Le Phoibaion.
     Au sortir de la place publique, en allant au couchant, vous trouvez le Cénotaphe de Brasidas, fils de Tellis, et à peu de distance de là un théâtre en marbre blanc qui mérite d'être vu : en face de ce théâtre est le tombeau de Pausanias, qui commandait les Lacédémoniens à Platées, et celui de Léonidas. On y prononce tous les ans des discours en leur honneur, et on y célèbre des jeux où les Spartiates seuls sont admis à disputer les prix. Les os de Léonidas furent apportés des Thermopyles quarante ans après sa mort, par Pausanias, fils de Plistoanax, et ils sont renfermés dans ce tombeau. On y voit aussi un cippe où sont inscrits avec les noms de leurs pères, ceux qui combattirent aux Thermopyles contre les Mèdes. Le quartier de Sparte, où sont les tombeaux des rois de la famille des Agiades, a pris le nom de Theomélida. La Lesché des Crotanes en est voisine ; les Crotanes sont une partie des Pitanates : à peu de distance, est un temple d'Esculape, qui porte le nom des Agiades ; et un peu plus loin le monument de Tanaros, dont le nom a été imposé, dit-on, à un promontoire de la Laconie. Vous y trouvez aussi le temple de Poséidon Hippocourios ( protecteur des cavaliers ) et celui d'Artémis d'Egine. Quand vous retournez sur vos pas, vers la Lesché, le temple d'Artémis Issoria s'offre à vos regards. Cette déesse, qu'on surnomme aussi Limnaea (la marécageuse), n'est point Artémis, c'est la Britomartis des Crétois, dont j'ai parlé dans la description d'Egine.
     Vous verrez tout auprès du tombeau des Agiades, un cippe où sont inscrites les victoires remportées à la course par Chionis, Lacédémonien, aux jeux Olympiques, et ailleurs. Il fut couronné sept fois à Olympie ; savoir : quatre fois pour la course du stade, et trois pour celle du double stade. La course avec le bouclier, qui se fait la dernière, n'était pas encore en usage. On dit que ce Chionis fut de l'expédition de Battos de Théras, fonda Cyrène de concert avec lui, et soumit quelques peuples Libyens du voisinage. Le temple de Thétis à été bâti à l'occasion suivante, à ce que disent les Lacédémoniens. Anaxandre, leur roi, faisant la guerre aux Messéniens, qui s'étaient révoltés, fit une irruption dans la Messénie, et y prit quelques femmes, entre autres Cleo, prêtresse de Thétis, qui lui fut demandée par Leandris son épouse.
     Leandris ayant trouvé entre les mains de Cleo une statue en bois représentant Thétis, érigea de concert avec elle un temple à cette déesse. Leandris en agissait ainsi inspirée par un songe. Cette statue de Thétis est gardée dans un endroit secret. Les Lacédémoniens disent que le culte de Chthonia leur a été apporté par Orphée, mais je crois qu'ils le tiennent des Hermionéens, chez qui cette déesse a un temple où elle est adorée sous le même nom. Le temple de Sarapis est le plus moderne de tous ceux de Sparte. On y voit aussi un temple de Zeus Olympien. Les Lacédémoniens nomment Dromos l'endroit où les jeunes gens s'exercent encore maintenant à la course. En allant du tombeau des Agiades à cet endroit, vous laissez à gauche le monument d'Eumedes, l'un des fils d'Hippocoon, et une ancienne statue d'Héraclès, à laquelle les Sphairéens sacrifient. Les Sphairéens sont ceux qui sortent de la classe des adolescents pour entrer dans celle des hommes.
     Il y a dans le Dromos deux gymnases, dont l'un est dû à la générosité d'Euryclès Spartiate. Hors du Dromos, vous trouvez près de la statue d'Héraclès, une maison qui était jadis celle de Ménélas, et qui appartient maintenant à un particulier ; plus loin, le temple des Dioscures et des Grâces ; celui d'Ilithye, et celui d'Apollon Carneios et d'Artémis Hégémone. Le temple d'Agnitas est à droite du Dromos. On donne ce surnom à Esculape, parce que sa statue est en bois d'agnos : l'agnos est une espèce d'osier qui ressemble au Rhamnus ( le Nerprun ou Gattilier ). A peu de distance du temple d'Esculape vous remarquerez un trophée que Pollux érigea, dit-on, après avoir vaincu Lyncée ; cela me paraît encore une nouvelle preuve en faveur de ceux qui disent que les fils d'Apharée n'ont pas été enterrés à Sparte. Les Dioscures, surnommés Aphétèriens, sont vers le commencement du Dromos ; en avançant un peu vous trouvez le monument héroïque d'Alcon, qui était, dit-on, l'un des fils d'Hippocoon. Vers ce monument est le temple de Poséidon, surnommé Domatites.
     Vous arrivez ensuite au Plataniste, endroit qu'on nomme ainsi, parce qu'il est entouré de platanes très hauts et qui se touchent. Cet endroit destiné aux combats des adolescents est entouré d'un Euripe (un canal plein d'eau) qui en forme une île. Deux ponts y conduisent; sur l'un on voit la statue d'Héraclès, et sur l'autre celle de Lycurgue dont les lois ont réglé les combats des jeunes gens, comme tous les autres détails du gouvernement de Sparte. Les jeunes concurrents, entre autres devoirs qui leur sont prescrits, offrent avant le combat un sacrifice dans le Phoibaion, qui est aussi dans la ville, à peu de distance de Thérapné. Chaque bataillon d'adolescents y sacrifie un jeune chien à Arès, dans l'opinion que le plus vaillant des animaux domestiques est une victime qui doit plaire au plus vaillant des dieux. Je crois que les Colophoniens sont avec les Spartiates, les seuls Grecs qui sacrifient des chiens. Les Colophoniens, en effet, immolent une chienne noire à la déesse Enodia, et ce sacrifice se fait durant la nuit, ainsi que celui des adolescents à Sparte. Ceux-ci, quand le leur est terminé, font combattre des sangliers apprivoisés, et la troupe dont le sanglier sort vainqueur, devient ordinairement victorieuse elle-même dans le Plataniste. Voilà ce qu'ils font dans le Phoibaion. Le jour suivant, un peu avant midi, ils entrent dans le Plataniste par les deux ponts. Le sort a décidé dans la nuit précédente par quel pont chaque bataillon doit entrer. Là, se livre à coups de poing, à coups de pied, un violent combat ; on cherche à s'entre arracher les yeux, on se mord, on se presse corps à corps : une troupe tombe sur l'autre, et chacun s'efforce de pousser dans l'eau son adversaire.

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deuxième chapitre.

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