Les Messéniens donnent le nom d'Hiérothysion à un édifice où se voient les statues de tous les dieux reconnus par les Grecs, et une statue d'Epaminondas, en bronze. On y remarque aussi d'anciens trépieds, de ceux qu'Homère nomme apyrous (qui ne peuvent pas supporter le feu). Les statues qui sont dans le Gymnase ont été faites par des sculpteurs Égyptiens : elles représentent Hermès, Héraclès et Thésée, qui sont honorés d'une manière plus spéciale dans les Gymnases et dans les palestres, non seulement chez tous les peuples Grecs, mais même à présent, chez la plupart des Barbares. Aethidas s'offre encore à nos yeux dans cet édifice, Aethidas qui vivait peu de temps avant nous, selon ce que j'ai pu découvrir. Il était devenu si puissant par ses richesses, que les Messéniens lui décernèrent des honneurs comme à un héros. Quelques uns d'entre eux disent qu'à la vérité cet Aethidas avait acquis une immense fortune, que ce n'est pourtant pas lui qui est représenté sur ce cippe, mais bien un de ses ancêtres du même nom que lui. Ils racontent que cet ancien Aethidas commandait les Messéniens lorsqu'ils repoussèrent Démétrios, fils de Philippe, qui avait pénétré dans leur ville avec son armée durant la nuit et sans qu'ils s'y attendissent. Le monument d'Aristomènes est dans le même endroit, et les Messéniens disent que ses os y sont renfermés ; je leur demandai comment et d'où ils les avaient apportés ; ils me dirent qu'ils les avaient apportés de Rhodes, d'après les ordres de l'oracle de Delphes. Ils me donnèrent ensuite le détail de tout ce qu'ils font vers ce tombeau. On amène le taureau qui doit-être sacrifié : à peine se sent-il attaché à la colonne qui s'élève sur le monument, que, sauvage encore, et non accoutumés à de tels liens, il cherche à s'échapper. Si en se débattant et en sautant il ébranle la colonne, les Messéniens en tirent un heureux présage ; ils se croient au contraire menacés de quelque malheur lorsqu'elle reste immobile. Ils prétendent qu'Aristomènes ; quoiqu'il ne fût plus parmi les mortels, se trouva à la bataille de Leuctres, y combattit pour les Thébains, et eut la principale part à la défaite des Lacédémoniens. Les Chaldéens et les Mages de l'Inde sont, à ma connaissance, les premiers qui aient dit que l'âme est immortelle ; cette opinion a été adoptée par plusieurs Grecs, et surtout par Platon, fils d'Ariston. Si tout le monde veut l'admettre, il n'y a plus de raison pour se refuser à croire qu'Aristomènes ait toujours conservé sa haine pour les Lacédémoniens ; et le récit que j'ai entendu à Thèbes confirme celui des Messéniens, quoiqu'il n'y soit pas tout à fait conforme. Les Thébains disent en effet qu'avant la bataille de Leuctres, ils envoyèrent consulter les différents oracles, entre autres celui de Trophonios à Lebadie. Ils rapportent les réponses d'Apollon Isménien, d'Apollon Ptoos, de celui qui rend ses oracles à Abais et à Delphes, et ils ajoutent que Trophonios fît la réponse suivante, en vers hexamètres. « Avant d'en venir aux mains avec les Lacédémoniens, érigez un trophée et ornez-le de mon bouclier que le vaillant Aristomènes Messénien a consacré dans mon temple ; de mon côté, je détruirai l'armée de vos ennemis ». Cet oracle étant arrivé au camp, Xénocrate, à la prière d'Epaminondas, envoya chercher ce bouclier, et en orna un trophée placé de manière à être vu des Lacédémoniens ; ceux-ci connaissaient bien ce bouclier, les uns pour l'avoir examiné à loisir à Lebadie, les autres pour en avoir entendu parler. Les Thébains le renvoyèrent à Trophonios après la victoire. Il y a aussi une statue en bronze d'Aristomènes dans le stade de Messène. Le temple de Sarapis et d'Isis est à peu de distance du théâtre. |
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